La première fois, on pardonne

Ahmed Kalouaz

Le Rouergue

  • 24 juin 2011

    Elodie, une collégienne, habite chez sa grand-mère depuis le début des vacances scolaires. Elle aime regarder les albums photos. Elle essaie d’y chercher des traces d’un bonheur, de comprendre pourquoi et comment son père est devenu violent. Sur les photos comme dans la vie, sa mère faisait comme si de rien n’était. Pour cacher l’inavouable, la honte.

    En feuilletant l’album photo, Elodie se rappelle de sa petite enfance. Pourtant sur les photos, il y a des sourires. Masques qui dissimulent une souffrance, les coups portés et les insultes. Elodie s’était inventée une histoire de renard, à elle rien qu’à elle. Une échappatoire quand la nuit tombée, elle guettait en retenant sa respiration les cris étouffés de sa mère. Une situation dont elle n’a jamais réussi à parler avec sa sœur ainée. Les souvenirs remontent à la surface: les non-dits, l’indifférence du voisinage qui préférait de pas voir. Elodie voudrait comprendre, trouver l'origine de cette violence malgré les moments de bonheur. Sentiments paradoxaux où l’amour pour son père côtoie la culpabilité qu'elle ressent. La mère d’Elodie est partie dans un foyer pour femmes battues. Elle a enfin réussi à franchir ce cap douloureux de prendre une décision et de partir. Maintenant, c’est à Elodie de se reconstruire.

    91 pages et les larmes aux yeux… Parce que ce livre est écrit avec pudeur, beaucoup de finesse et de sensibilité. Pas de pathos, non juste les faits et les ressentis si bien décrits.