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Va, vis, guéris

Va, vis, guéris

Julia Buckley

JC Lattès

  • 5 septembre 2019

    maladie

    Ce livre soulève des questions fondamentales sur les pratiques de la médecine contemporaine côté patients ; il souligne le combat à mener pour conserver une image positive de soi face aux soignants.

    J’ai donc suivi Julia dans sa longue quête pour mettre fin à son calvaire.

    C’est parfois redondant : elle revient souvent sur tous ses symptômes et ses maladies non diagnostiquées dans l’enfance et l’adolescence.

    Parfois drôle aussi, lorsque sa petite voix lui crie de se tirer de là vite fait.

    Même si je ne suis pas d’accord avec sa conclusion (la méditation et le TCC fonctionne pour moi, bon an mal an), j’ai trouvé très juste ses conclusions sur la médecine contemporaine occidentale : on saucissonne le corps au lieu de considérer dans son ensemble ; les femmes sont moins bien soignées que les hommes car elles sont forcément hystériques (syndrome de Yentl) ; l’empathie est absente alors qu’elle constitue une bonne part du traitement.

    Un essai et un témoignage qui remet les pendules à l’heure en plaçant le patient qui souffre au centre du protocole de soin.

    Quelques citations :

    Le médecin déclare que la blessure sera guérie dans un délai de six à douze semaines. Durant toute cette période, le cerveau réclame constamment des rapports sur les progrès accomplis et finira par lâcher prise et certifier le pied guéri.

    Plus ça dure, plus le système nerveux est conditionné pour penser qu’il s’agit là d’un état normal. (…) Si on ne remet pas rapidement le système nerveux dans le droit chemin, les routes d’origine ne tarderont pas à se retrouver enfouies sous la végétation.

    Un être humain est connecté directement sur l’inquiétude – nous pouvons remercier notre cerveau limbique pour ça.

    Mais étais-ce donc une caractéristique hautement féminine de se sentir coupable chaque fois qu’un traitement échouait ?

    Ça comptait bien plus que je n’aurai pu l’imaginer. Dès le moment où quelqu’un comprenait les épreuves que je traversais, plus rien n’empêchais de les dépasser.

    Le toucher, parce que même le fait de caresser un bout de cristal lisse (…) suffit à distraire et apaiser le cerveau.

    Dites à votre cerveau que c’est inutile, que c’est excessif. Distrayez-le en stimulant les voies du plaisir – en tout cas, agissez. Si vous réussissez à tenir bon, à faire taire la douleur, la plasticité neurale impose que cette douleur commence à reculer. Elle n’a pas le choix – c’est ainsi que fonctionne le cerveau.

    Je suis médecin, ma chère petite, alors je sais.

    https://alexmotamots.fr/va-vis-gueris-julia-buckley/