Sages Femmes

Marie Richeux

Sabine Wespieser Éditeur

  • par (Libraire)
    13 novembre 2021

    A travers la quête, par Marie, de cette lignée, plutôt taiseuse, de "filles-mères", un chemin tracé (un canevas ?) pour trouver, nous aussi, notre propre voie...
    On suit intensément cette avancée qui s'avère féconde pour tout le monde !
    Beau et unique !


  • par (Libraire)
    31 août 2021

    Conseillé par Stéphanie et Rémy

    Tout démarre un été en Lozère. Sous la chaleur sèche des montagnes, une jeune femme, Marie, fait une balade dans les causses avec sa fille.
    A la croisée de trois chemins (et cette trinité restera en toile de fond), Marie s'arrête devant une statue de bronze un peu particulière représentant la Vierge Marie. Sur le socle de la statue de cette mère universelle, elle lit : "Et à l'heure de notre ultime naissance".
    A cette phrase un peu effrayante viennent s'ajouter la question-ritournelle de sa fille Suzanne "Elle est où sa maman?" et des rêves étranges peuplés de chevaux aux noms symboliques. L'été passe et ces phrases, ces ressentis, eux ne passent pas. Alors, Marie va nouer ces fils ensemble pour tisser son roman.
    Et le fil (filiation ?) est essentiel dans ce récit touchant.
    Marie va d'abord tirer sur le fil de ses aïeules, de sa tante maternelle à son arrière-arrière grand mère maternelle. Ces femmes ont été filles-mères et ont élevé seule leur fille en faisant notamment des travaux d'aiguilles. Ce fil des ancêtres va venir croiser celui d'un lieu : l'Hospice de Reims à la fin du 19ème siècle qui accueillait des indigents et des femmes enceintes qui devaient se cacher. Enfin, toutes sortes de tissus, d'étoffes, de broderies habitent ces vies de femmes et donc l'enquête et la quête de Marie.
    Le lecteur marche aux côtés de l'autrice, aimanté par sa pensée brillante et vagabonde, par ces destins minuscules qui résonnent profondément. Marie Richeux et ses "sages-femmes" nourrissent l'âme et l'esprit et baignent notre lecture d'une très jolie lumière.
    Sélection pour le Prix du roman Coiffard 2022.


  • 27 août 2021

    Troisième coup de cœur de la rentrée littéraire !

    Marie, la narratrice, maman d’une petite fille de presque 3 ans, lors de vacances d’été, rencontre à la croisée de chemins une sculpture de la Vierge Marie avec l’inscription « et à l’heure de notre ultime naissance ». S’impose alors en elle l’impérieuse nécessité de remonter le fil de l’histoire des ces aïeules, toutes filles-mères.

    Au commencement de cette quête, ledit fil remonte à la découverte de courtepointes par un chercheur dans le grenier de l’hôtel-Dieu de Reims, « fruit du travail d’artistes véritables, et dont il est fâcheux de ne pas connaître les noms que leur modestie nous a dérobés » et, complète la narratrice, « La modestie ou l’ensemble des forces qui confisquaient le nom des femmes depuis des siècles ».
    Marie-Julie, tisseuse, donnait naissance à Ernestine en 1882, Ernestine accouchant en 1909 de sa fille Madeleine, Madeleine donnant naissance à F, tante de la narratrice.

    Tout au long de ses recherches, de sa quête, Marie reconstitue la trajectoire de ses ancêtres, celle aussi de toutes les femmes donnant naissance hors mariage. Le peu de droit qui leur était accordé pour devenir mère au regard de la loi. Et « Liées entre elles par l’absence des hommes et la volonté de se sortir de la misère » dit tante F.. Le pourquoi, les circonstances dans lesquelles ces jeunes filles tombent enceintes, ne sont pas connues. Peu importe, ce qui compte n’est-ce pas le fil qui relie Marie à ses ascendantes dignes ? « Je mettais mes pas dans leurs histoires. Je brodais pour combler les trous qu’il manquait. J’inventais s’il fallait. Le travail devenait tissage. Le tissage, le travail par excellence. Le grand travail de vivre et de penser, celui d’aimer aussi, je savais enfin lui donner une forme. (…). Deux fils de vie (…), un fil au dessus, un fil en dessous. (…). Il y avait là un vêtement qui me tombait parfaitement sur le corps. Tisser, penser, donner naissance» .

    Un fil de trame, un fil de chaîne. La vie.


  • par (Libraire)
    26 août 2021

    Road movie subtil et intimiste

    Peu après la naissance de sa fille, la narratrice, Marie, se penche sur le passé de ses aïeules, toutes filles-mères au cours de leur 27ème année, remontant jusqu'au milieu du XIXème siècle. Marie-Julie, Ernestine et Madeleine sont toutes liées par l'absence des hommes et la volonté de se sortir de la misère. Devenues couturière, brodeuse et tapissière, tout en cachant leur état, engrossées de force ou par accident, elles revivent sous la plume de leur descendante qui, en interrogeant leurs parcours, part à la quête d'elle-même. Grâce aux souvenirs d'une tante, sage-femme, Marie tente en vain de démêler la pelote de leurs secrets et de tirer le fil qu'elle a choisi. L'auteure use avec talent de métaphores liées aux travaux d'aiguille qui servent une histoire tout en subtilité et finesse.


  • par (Libraire)
    24 août 2021

    Coup de coeur de Laëtitia

    La belle construction de ce récit intime nous donne à voir la vie de ces filles-mères de génération en génération, au fil des décennies. Elle nous montre comment notre histoire familiale peut nous marquer sans même que l'on s'en rende compte. Femmes sages, sages-femmes... un très joli récit sur la transmission.
    Librairie La Promesse de l'Aube


  • par (Libraire)
    10 juillet 2021

    Sages femmes

    Marie est mère. Sa fille Suzanne éveille en elle des questionnements profonds quant à la filiation, et elle pense aux femmes de sa lignée. Nombreuses ont été filles-mères avec toutes les complications à vivre que cela pouvait induire.
    Ces femmes donnaient naissance dans des lieux à l'écart du reste de la société, et devaient assumer seules d’abandonner ou de garder leur enfant.
    Marie fouille le passé, les souvenirs, les archives aussi et questionne les historiennes, juristes, artistes. Elle part sur les traces de ces femmes et tente de faire lien avec sa propre histoire.
    Les filles-mères ne pouvaient compter que sur elles-mêmes. Les métiers qu’elles pouvaient exercer étaient souvent des métiers d’aiguille, tisserandes ou couturières. Marie découvre les productions de ces femmes, s'en émeut et nous aussi.
    De chercher, on sent combien Marie se trouve. De donner clarté à l'histoire de ses aïeules, c'est à celles de toutes les femmes ayant tenté de vivre avec courage et liberté leur vie, qu'elle donne clarté et profondeur.