Au café de la ville perdue

Anaïs LLobet

Éditions de l'Observatoire

  • par (Libraire)
    31 mars 2022

    Conseillé par Stéphanie et Anaëlle

    Chypre. Varosha. 14, rue du Soleil.
    Une île tiraillée. Une ville fantôme. Une maison disparue.
    C'est un peu comme si la narratrice de ce roman avait un appareil photo en main et qu'elle pointait son objectif sur ce lieu et sur le temps en changeant la longueur focale régulièrement.
    Installée à la terrasse du "café de la ville perdue", découvert "alors que le printemps faisait éclore les fleurs de pommiers dans les rues de Nicosie", la jeune femme déjà envoûtée par l'histoire de Varosha découvre que la famille qui tient le café est attachée intimement à la ville.
    Varosha est une ville morte comme il en existe peu dans le monde. Sa population a été forcée de l'abandonner après l'invasion turque en 1974. Cette ancienne station balnéaire fréquentée par les stars n'est plus qu'un champ de bâtiments en ruine, symbole de la division entre chypriotes turcs et chypriotes grecs. Giorgos, Andréas et Ariana sont des exilés sur une île qui est pourtant la leur, chacun à sa manière porte et supporte le poids de l'héritage et des souvenirs.
    Grâce à eux, la narratrice va s'approcher au plus près de Varosha, de l'histoire de l'île, d'une tragédie humaine, d'un lieu qui était le terreau originel et dont émane encore des odeurs d'orangers en fleur et de figuiers du jardin.
    Le roman est porté par des personnages qui nous touchent parce qu'ils sont complexes, ambigus, parfois pleutres, parfois solides, ils sont liés à cette terre perdue qu'ils la regrettent ou la rejettent, ils sont liés aussi par une loyauté amoureuse ou amicale.
    Anaïs Llobet nous entraîne grâce à une construction narrative astucieuse dans les méandres de l'histoire d'un pays, d'une ville et d'une famille. C'est la petite histoire qui rejoint la grande et le nom d'un lieu que vous serez dorénavant incapable d'oublier : Varosha.
    Sélection pour le Prix du roman Coiffard 2022


  • 18 mars 2022

    amour, Chypre

    Chypre, son soleil, ses plages, sa ville abandonnée de Varosha.
    C’est autour de cette ville située dans un no-mans land que l’auteure situe son nouveau roman.
    Je savais que Turques et Grecs se partageaient cette île, mais j’ignorais qu’une ville grecque était retenue en otage par les Turques dans la buffer zone.
    Grâce au personnage principal, j’ai découvert cette ville et ses habitants qui ont migré dans d’autres villes de l’île.
    J’ai aimé suivre l’amour entre Ioannis chypriote grec et Aridné chypriote turque.
    J’ai mis du temps à voir le vrai visage de Giorgos, l’ami d’enfance de Ioannis, le riche bienfaiteur.
    J’ai aimé suivre Ariana, la petite-fille d’Aridné et Ioannis, son corps rempli de tatouages de son rêve de retrouver la maison du 14, rue Ilios.
    J’ai aimé le Tis Khamenis Polis, littéralement Café de la Ville Perdue où la narratrice vient écrire.
    J’ai découvert l’Enosis : la volonté des chypriotes grecs d’être rattachés à l’Etat Grec.
    J’ai eu de la peine pour Aridné, cette jeune fille révoltée et militante qui se laisse happée par le quotidien.
    J’ai aimé le chat qui trouve à manger des deux côtés de la frontière.
    Une lecture éclairante et pleine d’humanité sur un conflit en dormance.
    Une citation :
    Les lignes et les limites, finalement, n’étaient infranchissables que pour ceux qui les avaient tracées. (p.308)
    L’image que je retiendrai :
    De part et d’autre de l’île, on mange beaucoup, et les plats cuisinés sont les mêmes, juste un peu plus épicés côté turque.


  • par (Libraire)
    4 mars 2022

    Au café de la ville perdue

    Il fallait oser écrire un livre dont l'héroïne est une adresse.
    Une adresse et pas des moindres, le 14 rue Ilios, dans la ville abandonnée de Varosha.
    Un récit d'exil où secrets de famille, Histoire et préoccupations actuelles s'entrecroisent.
    Anaïs LLobet nous conte à merveille cette fiction sur Chypre, l'île où elle a élu domicile.
    Intense !

    Emilie T


  • par (Libraire)
    28 janvier 2022

    Nous n'oublierons pas Varosha !

    Invitation à Chypre, à Varosha, rue Ilios, au 14 ...
    Installée au café de la ville perdue, l'auteur nous emmene dans l'histoire de la ville fantôme depuis 1974 et l'attaque de Chypre par la Turquie.
    Roman de l'exil à l'extérieur d'une ville chérie par ses anciens habitants.
    Agnès


  • 21 janvier 2022

    Une épopée très personnelle sur les traces de l'histoire chypriote. Intense !
    - Guillaume -


  • 13 janvier 2022

    Au café de la ville perdue

    A Varocha, ancienne cité balnéaire sur l'île de Chypre, les maisons s'effondrent, disparaissent et s'effacent emportant avec elles les souvenirs et les histoires des habitants. En effet, Varocha s'est figée en 1974, suite à l'annexion du nord de l'île par la Turquie. Désormais entourée de barbelés, minée, la ville est laissée à l'abandon attendant un improbable réveil. A quelques kilomètres de là, de nos jours, une jeune écrivaine française s'installe chaque matin à la terrasse d'un café pour tenter d'écrire, de restituer le destin douloureux de l'île et de ses habitants où communauté grecque et communauté turque se déchirent. Mais l'histoire se dérobe à elle et la narratrice peine à donner sens et vie à son texte...jusqu'à sa rencontre avec Ariana une jeune serveuse qui tatoue sur sa peau son histoire et celle de son île. A. Llobet compose son roman par petites touches, alternant les points de vue et les époques, passant de la grande histoire aux vies singulières sans jamais perdre son fil romanesque. Par le biais d'une langue expressive, elle nous livre un récit saturé de couleurs, de sensations et d'émotions, un récit qui nous parle de mémoire, de nostalgie et d'héritage avec justesse et sensibilité. A découvrir


  • par (Libraire)
    12 janvier 2022

    Etre dépossédé de sa ville natale

    Chypre, île où vit l'auteure, partagée entre la Turquie et la Grèce. Par l'entremise d'une Française venue écrire un livre, Anaïs Llobet nous raconte l'année 1974 et la partition, à travers quelques personnages qui ont vu la ville de Varosha fermée avec des barbelés par les Turcs et vidée de ses habitants, pour la plupart grecs. Andréas, qui tient un café qu'il a appelé " de la ville perdue ", tout près de la zone de démarcation, et sa fille Ariana se souviennent de leur maison, sise 14 rue Ilios avec un magnifique figuier qui envahit maintenant la maison en ruine, et de la vie dans cette ville balnéaire, trépidante l'été. De nos jours, la séparation existe toujours.
    L'exil de sa propre terre, l'amour et la tragédie qui sont attachés à ce bassin méditerranéen, l'originalité de la construction du roman et la profondeur des personnages font que nous sommes happés par cette histoire prenante.