L'échange des princesses

L'échange des princesses

Chantal Thomas

Seuil

  • 15 septembre 2014

    Le projet fou du régent

    Eté 1721, depuis six ans, Philippe d’Orléans dirige le royaume de France. Pour neutraliser l’Espagne et peut-être assurer une pérennité à son pouvoir, le Régent conçoit un projet aussi astucieux qu’audacieux : marier le jeune Louis XV à l’infante, Anna Maria Victoria de Bourbon à la condition expresse que sa propre fille, Louise Elisabeth d’Orléans, mademoiselle de Montpensier, épouse le prince des Asturies, don Luis. Qu’importe l’âge des protagonistes, respectivement 11 ans, 4 ans, 12 ans et 14 ans, la matière relève de la haute politique et peut assurer la paix en Europe.

    L’alliance se matérialise le 9 janvier 1722 par « l’échange des Princesses » qui gagnent chacune leur pays d’adoption. Louise Elisabeth affronte l’austère rigorisme religieux hispanique et des autodafés « offerts comme un régal », Anna Maria Victoria les intrigues feutrées du vieux Louvre ou de Versailles. Là où mademoiselle de Montpensier  s’adonne à des accès de gloutonnerie qui ressemblent à s’y méprendre à de la boulimie et se perd dans des errements,

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  • 28 septembre 2013

    Une lecture intéressante et agréable

    1721, le Régent décide de marier le futur roi Louis XV, 12 ans, avec l'Infante d'Espagne Anna Maria Victoria, alors âgée de 4 ans. Par la même occasion, il propose sa fille, Elisabeth de Montpensier, au futur roi d'Espagne, le Prince des Asturies.
    Cet échange mettrait fin à des années de mésententes entre ces deux pays.
    Il est intéressant ce voir de quelle manière sont traités ces enfants, futurs monarques.
    On ne leur demande pas leur avis, on les traite en adulte malgré leur jeune âge et en même temps on leur impose tout, on les manipule et on leur ment!
    L'infante d'Espagne est très appréciée par la Cour, où le monde la trouve magnifique, admirable, intelligente, puis du jour au lendemain, elle perd de sa superbe!

    Tout n'est que manipulation et hypocrisie autour du roi.
    Quant à Elisabeth de Montpensier, elle refuse de se forcer et fait ce qui lui plaît, peut importe l’Étiquette!
    J'ai beaucoup aimé ces deux personnages, tellement différents mais très attachants!
    J'ai vraiment apprécié cette lecture car elle relate une partie de l'Histoire de France qui m'était inconnue et il est intéressant de voir de quelle manière se nouait et se dénouait les destins royaux!


  • par (Libraire)
    28 septembre 2013

    Chantal Thomas décrit avec humour parfois, et souvent beaucoup de tendresse, le dépaysement de ces deux princesses, pions sur l'échiquier diplomatique européen. Très documenté, émaillé de citations de mémoires et de lettres, "l'échange des princesses" reflète surtout la violence d'une époque pour des enfants sommés de grandir.
    Valérie


  • par (Libraire)
    13 septembre 2013

    Superbe !

    Le destin tragique de ces deux enfants sacrifiés sur l’hôtel de la diplomatie et des intrigues de cour touche et bouleverse. L’on est ému par la vie insensée de ces deux petites princesse et subjugué par tant de cynisme. Roman historique et d’aventure, roman sur le pouvoir et l’enfance, "L’échange des princesses" nous emporte littéralement.


  • par (Libraire)
    31 août 2013

    Deux princesses s'échangent un baiser sur la frontière des deux états les plus puissants du XVIIIe, la France et l'Espagne, comme tribut d'une paix retrouvée et d'une famille réunie.
    Le tableau peut paraître idyllique. En tout cas il l'a été pour le Régent et pour Philippe V.
    Chantal Thomas restitue cette parenthèse enchantée qui finit en fiasco complet avec un grand talent d'historienne et de conteuse. Enfants ravalés au rang d'objets de pouvoir et d'enjeu diplomatique, la violence et le faste se mêle au poids énorme de l'hérédité qui pèse non seulement sur ces héritiers mais sur l'ensemble de la dynastie. Grâce à Chantal Thomas, le lecteur assiste au spectacle tragique de cet ancien régime déjà finissant mais dont les rouages sont peut-être encore en marche dans certaines cours européennes d'aujourd'hui.


  • par (Libraire)
    29 août 2013

    Mariages royaux

    En 1721, le régent du royaume de France pense avoir une idée de génie en voulant marier le futur Louis XV à l'infante Marie Anne Victoire d'Espagne, et l'une de ses filles Mlle de Montpensier à l'infant d'Espagne: Don Louis.
    Cette double alliance lui permettra alors d'améliorer les relations diplomatiques entre les deux pays et d'asseoir son autorité.
    Nous allons donc suivre à travers ce roman, toutes les péripéties que vont vivre ces quatre enfants pour se rencontrer, apprendre à se connaitre, s'apprécier ou se détester sous le regard de leurs parents, de la Cour, et des domestiques qui leurs sont dévolus.
    Très vivant, foisonnant d'anecdotes, instructif, ce nouvel opus de Chantal Thomas nous offre un très bon moment de lecture.


  • Très prenant et intéressant

    Suite à la mort de Louis XIV, c’est à Louis XV, son arrière-petit-fils, de monter sur le trône. Mais ce dernier est alors trop jeune pour gouverner. La Régence revient donc à Philippe d’Orléans. Celui-ci aime la position de pouvoir qu’il occupe et ne tient pas à ce que cela s’arrête. Si Louis XV meurt sans héritier, c’est au Régent que reviendra le pouvoir. À partir de ce constat, il va mettre en place un plan « diabolique ». Il propose un mariage entre Louis XV, onze ans, et l’Infante Maria Anna Victoria, 3 ans. La menace d’un héritier est donc repoussée pour quelques années. En outre, le Régent place ses espoirs en la santé fragile du Roi. Mais ce mariage arrangé ne lui suffit pas, il tient également à marier l’une de ses filles, Mademoiselle de Montpensier, à l’héritier d’Espagne afin de renforcer son propre pouvoir.

    L’échange s’effectue en 1722, mais rien ne se passe comme prévu et voilà que quelques années plus tard l’échange se fait en sens inverse.

    Difficile de mettre ce livre dans une « case »… c’est un roman historique, certes, mais il prend plus l’apparence de ce que j’appelle une biographie romancée. Le récit à la troisième personne y contribue. L’auteur nous guide à travers l’Histoire et l’histoire. On observe les faits, les événements, et l’auteur étaye ses dires d’extraits de correspondances authentiques. Ce qui rajoute beaucoup de crédibilité à l’ensemble. Après ce n’est pas non plus une biographie au sens stricte du terme, car ce livre revient "seulement" sur quatre ans de quatre personnages principaux : le Roi, deux princesses et l’héritier d’Espagne. Quatre ans d’une grande importance.

    J’ai eu du mal au tout début avec le style de l’auteur. Sa façon d’écrire me donne l’impression de suivre le fil de sa pensée. Lorsque l’on ne s’y attend pas, c’est surprenant et donne une impression de confusion, mais on s’y fait très vite. Les chapitres alternent entre ce qui se passe à la cour de France et à la cour d’Espagne. Il m’a semblé que le plus souvent on suivait l’Infante au détriment de Mademoiselle de Montpensier, mais peut-être est-ce parce qu’il y a plus de choses à dire sur « l’histoire d’amour » entre Maria Anna Victoria et Louis XV.

    Justement, parlons de l’Infante. J’ai vraiment eu beaucoup de mal avec ses comportements. Elle a trois ans, au début, mais elle se comporte comme une adolescente voire même une adulte. Elle est éperdument amoureuse du roi, à trois ans… Elle offre sa souffrance à Dieu pour expier les pêchés de son père. C’est perturbant et peu crédible à notre époque, mais sachant que l’éducation n’était pas la même et que les enfants, étant vus comme des adultes inachevés, n’avaient pas d’enfance à proprement parler, c’est plausible bien que surprenant. Malgré tout, cela reste une enfant charmante et charmeuse, à qui on s’attache assez vite. On ne peut s'empêcher d'avoir de la peine pour elle, lorsqu'elle découvre les vicissitudes de la cour du Roi de France : un jour elle est adulée, le lendemain elle n'existe presque plus...

    Mademoiselle de Montpensier, quant à elle, est propulsée dans une cour étrangère dont elle ne sait rien, dans une famille qui l’accueille avec froideur et dans le lit d’un jeune homme empressé mais ignorant. La pression qu’elle subit de toutes parts lui fait perdre à moitié la tête mais n’émousse pas son esprit de rébellion et sa résistance. J’ai aimé sa combattivité, même si, à cette époque, elle ne sied guère à une dame. Car, bien entendu, une femme doit être docile et soumise à son mari (ou encore son père/son frère etc.). Même quand le mariage a été arrangé, ce qui implique - la plupart du temps - qu'on a donc été échangé comme une vulgaire marchandise.

    Au final, ce livre a été une excellente découverte et m’a permis d’apprendre beaucoup de choses. L’auteur maîtrise le sujet et le traite avec beaucoup de rigueur et de clarté. Ce roman se dévore tant il est passionnant.

    Je tiens à remercier La Librairie Dialogues, grâce à qui j'ai pu faire cette belle découverte.


  • par (Libraire)
    14 août 2013

    C'est en relisant les mémoires de Saint-Simon que Chantal Thomas a découvert un passage de l'Histoire de France passé jusque là inaperçu . Nous sommes en 1721 et pour consolider des relations alors tumultueuses avec l'Espagne, Philippe d'Orléans décide de marier l'Infante d'Espagne, Maria Anna Victoire âgée de 4 ans avec le roi Louis XV âgé de 11 ans. En échange, il offre sa fille Mademoiselle de Montpensier au futur roi d'Espagne. Chacune va donc rejoindre son fiancé de l'autre côté de la frontière et découvrir un pays, une cour qui leur sont totalement étrangers. Elles vont être traitées comme des reines et pourtant elles ne sont que des pions dans une partie de jeu qu'elles ne maîtrisent pas.
    Roman remarquablement écrit.