Abécédaire du tout-Paris

Paul de Vallonges

Séguier

  • 20 janvier 2016

    jubilatoire et mordant

    Ce petit ouvrage sympathique croque les mondanités de la vie parisienne et amuse par son humour glaçant et glacé qui doit en faire frémir plus d'un. Cela se lit dans la jubilation et on en redemande. Acteurs, écrivains, animateurs, hommes d'affaire, politiques, ils passent tous sur le grill de la plume de Paul de Vallonges, journaliste et écrivain, un peu méchant pour certains, indulgent pour d'autres mais toujours très fin dans son analyse.


  • par
    14 décembre 2015

    Paul de Vallonges, journaliste et écrivain parisien fait sa liste de A à Z des personnalités parisiennes qui comptent en ce moment. Acteurs, actrices, hommes et femmes importants, connus du grand public pour un bon nombre d'entre eux, beaucoup moins célèbres pour d'autres. Ils semblent faire partie du petit monde parisien qui se retrouve dans les soirées, les dîners entre-soi, tout cet univers tellement loin de mes préoccupations... Ce style de livres existe depuis longtemps ainsi qu'il l'explique dans son avant-propos, il se place dans la droite ligne des chroniqueurs mondains anciens et plus récents.

    Comme je l'écris dans mon résumé, je suis à mille lieues et même dix mille -et encore c'est faible- lieues du microcosme parisien que Paul de Vallonges décrit. Si je connais beaucoup des noms des personnalités dont il parle certains me sont totalement inconnus et je connais les noms d'autres sans pouvoir les associer à un visage ou une silhouette ni à une œuvre. Néanmoins, j'aime bien l'exercice bourré d'a priori, de vacheries et de tendresse. Un pur snobisme absolument détestable et tellement réjouissant. Évidemment, le mieux c'est lorsque l'auteur de l'ouvrage étrille des personnalités que je n'aime pas ou dont je n'apprécie pas le travail:

    "Guillon, Stéphane. Comique dit mordant mis à la porte de France Inter. Traînait, depuis, d'un théâtre l'autre, avec sa tête de chien battu. Apitoyé, Thierry Ardisson lui a offert une nouvelle niche." (p. 65)

    "Bourdin, Jean-Jacques. Grenouille de BFM et RMC qui se voit tel un bœuf. Cultive son look de Jean-Michel Apathie chevelu. Comme ce dernier, est persuadé que les questions qu'ils posent à ses invités sont plus importantes que les réponses. Idole des taxis parisiens et des chauffeurs livreurs. Comme eux, ne déteste pas jouer les gros bras." (p.28/29)

    Parfois, ça peut paraître complaisant avec d'autres que je ne trouve pas plus intéressantes, Yann Moix ou Eric Naulleau par exemple, excellents dans les réparties, les portraits au vitriol, sans doute bons écrivains, mais suffisants et méprisants envers tous ceux qu'ils n'estiment pas atteindre le niveau de leurs grandeurs, et aux fréquentations plus que douteuses pour au moins l'un d'entre eux. Mais chacun ses goûts et ses détestations.

    Paul de Vallonges est drôle, fin, délicat, tout est écrit dans une belle langue jamais vulgaire, même les vacheries sont bien tournées, elles n'en sont que plus fortes. Les compliments sont directs et assumés, seuls sont voilées certaines allusions, certaines "private jokes" qui jouent sur les penchants, les fréquentations, les amours, les amitiés ou les inimitiés des uns ou des autres... Les initiés comprendront, les autres, comme moi, non, mais peu importe, c'est un recueil qui se grignote joliment et gentiment.

    Les illustrations d'Audrey Bussi sont gaies, colorées, dans le ton du livre... très parisiennes.

    Pour finir, une définition que j'aime bien, qui est dans le ton de tout l'ouvrage et le résume assez bien :

    "Province. Enfer du Parisien. Quelques exceptions, selon les saisons : Deauville, Trouville, Guéthary, Saint-Tropez, Cannes, Porto-Vecchio, Megève etc. Des lieux "authentiques"". (p.114)

    Ouf, la Bretagne est épargnée... et reste encore l'enfer des Parisiens...

    Enfin, une note à l'auteur : dans votre texte sur BHL, bien vu par ailleurs, vous parlez de Pierre Botul qu'il avait pris pour un vrai philosophe alors qu'il n'est que gag littéraire (Botul, pas BHL). j'ai le regret de vous préciser que Pierre Botul existe peut-être, puisque le gag littéraire se prénomme Jean-Baptiste.


  • 29 novembre 2015

    Le Tout (petit) Paris

    C’est le type de livre qui ne sert à rien mais qui fait rire. C’est déjà beaucoup. Ne cherchez pas qui est Paul de Vallonges, il n’existe pas. Sous ce pseudo, se dissimulent une, voire plusieurs plumes qui manient avec talent la critique acide et l’attaque au verbe. Leur œuvre polyphonique dessine une galerie de mini portraits des « gens » croisés dans les dîners en vue, que l’on retrouve aussi dans les pages mondanités de _Paris Match_ ou _Voici._ D’ailleurs on ne parle plus de stars, mais de _people_ « à mesure que la race s’éteint. » Christine Angot ? « La romancière préférée des grands muezzins de la culture. Spécialisée dans le récit de l’inceste. En tire des livres qui, à force de jouer sur la corde sensible, la cassent. » Frédéric Taddéi ? Il « agace avec le sourire, les bien-pensants de droite et de gauche qui rêvent de l’étrangler avec son nœud de cravate coquettement desserré. » Quant à Paul-Loup Sulitzer, il a « popularisé un genre littéraire : le roman écrit par un autre. On devrait créer un prix littéraire à son nom. On ne compterait plus les candidats au prix Sulitzer ».

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