Conseils de lecture

Réelle

L'Observatoire

20,00
par (Libraire)
13 septembre 2018

Conseillée par Carole, Rémy, Célia et Stéphanie

"Il n'y a de réel que ce que nous voyons" clame Don Quichotte.
Johanna Tapiro, l'héroïne de "Réelle" n'a jamais lu Cervantès.
Non. Johanna a été élevée à la télévision allumée 24h/24 et aux magazines people.
Alors rêver de devenir Ophélie Winter est-ce vouloir toucher à la réalité? Le tube de la "chanteuse bimbo" ne s'intitule-t-il pas "Dieu m'a donné la foi"?
Johanna est une petite fille qui veut vivre son conte de fée : passer de l'autre côté du petit écran. Mais à l'adolescence c'est la réalité du corps qui la rattrape : ce qu'il renvoie, son usage, son exploitation. La volonté de Johanna se fait plus forte encore. Elle veut prouver qu'elle existe à ceux qui l'ignorent, la rejettent, la méprisent.
C'est le début des années 2000 et l'arrivée de la téléréalité sur nos écrans. Johanna y survivra-t-elle?
Guillaume Sire nous offre un roman terrible par sa lucidité. Mais "Réelle" n'est pas uniquement une critique de ces années 2000 et de la perversité du système, c'est aussi une photographie sociale d'une époque, de la confrontation de milieux sociaux différents, du rapport au sentiment amoureux et au sexe, du désir d'exister. C'est le portrait "réel", troublant et magnifiquement juste de Johanna Tapiro.


Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
34,90
par (Libraire)
13 septembre 2018

Conseillé par Rémy et Carole

Moi, ce que j'aime, c'est cette bande-dessinée !

Emil Ferris réussit un tour de force avec ce premier volet d'un dyptique sur l'histoire de cette gamine de dix ans qui adore les monstres. Karen les adore et voit le monde comme s'il était un « horror show ». Karen nous croque son quotidien, celui d'une jeune fille à la famille unique, abandonnée par le père, avec un frère coureur, et une mère pilier, ses voisins, une galerie de personnages incroyables, sa vie pas si facile dans ce Chicago d'après-guerre.
Quand sa voisine, une belle femme, qui a traversé l'histoire, traversé les frontières et maintenant celle de la mort, se suicide, Karen n'y croit pas. Elle va mener l'enquête, revêtir l'imper de son frère, et découvrir un passé tortueux et torturé. Avec une imagination foisonnante, la réalité brutale qui n'est pas loin, on se laisse envahir par l'énergie sombre qui en ressort nous happe, nous mange, nous fait frissonner.

L'histoire de l'autrice elle-même est tout un roman, Emil Ferris, qui s'est rééduquée la main droite avec force et conviction au sortir d'une maladie rare qui l'empêchait de dessiner, elle a du tout réapprendre. Six ans pour faire cette œuvre d'art, dont on ne sort pas indemne !
Le stylo bic, les encres colorées, ces hachures, ces visages, ces yeux en gros plans, ces personnages qui emplissent les planches créent à chaque page tournée un autre rythme de lecture. Nos yeux observent dans tous les sens. C'est un véritable régal, c'est émouvant, terrible, et on en redemande avec le « livre deux » à paraître plus tard, soyez patients, ça vaut le détour !


L'Affaire Sparsholt
24,90
par (Libraire)
13 septembre 2018

Conseillé par Marie-Laure

Oxford, 1940. Entre les flirts et les tours de garde, un groupe d’étudiants tente de maintenir à flot un cercle littéraire. L’arrivée de David Sparsholt, un nouvel élève au physique très avantageux va perturber tout ce petit monde, et ce pour diverses raisons et durant plusieurs décennies. Comme pour l’"Enfant de l’Etranger", Alan Hollinghurst construit son récit en découpant le temps. Dans la 2e partie, on rencontre Jonathan, le fils de Sparsholt qui sera notre véritable héros. À travers son histoire personnelle, on va suivre l’évolution de l’homosexualité dans la société anglaise sur plus de 50 ans. Alan Hollinghurst excelle dans l’analyse des sentiments, la peinture des mœurs, la profondeur des personnages et de leurs émotions. Il est également question d’art, beaucoup, Jonathan étant portraitiste, à la manière de son créateur finalement. N’ayons pas peur des comparaisons, on pense à Henry James ou Oscar Wilde, Proust aussi… Mais Alan Hollinghurst reste son propre maître. Il est selon moi, l’un des plus grands écrivains de notre époque.


Une vie comme un été
15,95
par (Libraire)
12 septembre 2018

Conseillé par Marion

Gerda, vieille dame en maison de retraite, se remémore sa jeunesse, ses études, ses amours.
Férue de mathématiques et d'astronomie depuis toute petite, elle revoit sa vie comme une grande équation avec plusieurs inconnus et sur fond de ciel étoilé d'été. Toute la bande-dessinée est séparée entre son présent dans la maison de retraite (ses moments d'incertitude, d'humour avec les autres retraités) et son passé (sa place controversée en tant que femme dans un monde professionnel d'hommes). Une sublime histoire que l'on aimerait bien ne pas voir se finir…

Des planches magnifiques nuancées par des teintes de bleu du plus profond au plus clair, une vieille dame que l'on apprend à connaître et à aimer pour son parcours très diversifié et une fin poétique qui nous laisse sans voix, mais avec le sourire.


Marqués

Pocket Jeunesse

17,50
par (Libraire)
12 septembre 2018

Conseillé par Marion

Dans le monde de Leora, soit vous faites partie des Tatoués (chaque partie de votre corps raconte votre histoire), soit vous êtes l'un des Immaculés (un criminel sans aucune trace d'encre). La jeune femme, lors d'un événement très particulier, va être confrontée à un secret concernant son père, notamment un très mystérieux tatouage.
Cela va tout remettre en cause dans sa vie, sa relation avec ses proches jusqu'à sa propre identité...

Un roman surprenant à la couverture lumineuse et délicate, dans lequel Alice Broadway ajoute des contes obscurs. Jeune femme au tempérament de feu, Leora vous plaira et vous donnera envie de vous révolter à certains moments ! Les personnages secondaires, hauts en couleur, quant à eux, ne vous laisseront par de marbre. Vivement la suite!