Conseils de lecture

Petite

Gysler, Sarah

Des Equateurs

18,00
par (Libraire)
9 octobre 2018

Conseillé par Agathe

La saison estivale se termine doucement et, petit à petit, timidement, l’automne commence à s’installer.
Cependant ce premier roman signé Sarah Gysler prolonge pour un temps notre envie de voyager et de voir du pays.

L’ouvrage autobiographique découpé en deux parties distinctes dresse le portrait d’une jeune femme touchante, parfois drôle, parfois grave avec qui la vie n’a pas toujours été très tendre. C’est cette même jeune femme qui, à peine la vingtaine passée, décide un jour de tout plaquer et de partir à l’aventure. Seule, armée de son sac à dos, d’une pancarte et de son unique feutre, Sarah Gysler s’apprête à affronter l’inconnu. À travers ses nombreuses péripéties et sa justesse de mot, « l’aventurière fauchée » nous offre une jolie leçon de détermination, d’authenticité, mais aussi de confiance en soi. Un roman d’apprentissage à découvrir !


Ma dévotion
20,00
par (Libraire)
9 octobre 2018

Conseillé par Agathe

Londres, 2018. Au détour d’une rue, Helen croise par hasard le chemin de Franck. Cela fait très exactement vingt-trois ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Vingt-trois ans d’absence, vingt-trois ans de silence, vingt-trois ans à espérer. Passé la surprise de le retrouver, Helen, encore émue, décide d’entamer le récit de sa relation avec cet homme qui fut la personne la plus importante de sa vie. De leur rencontre à Rome en 1950, en passant par Amsterdam, Boston, ou encore la Normandie, jusqu’à ce fameux drame en 1995 qui marqua le début de leur longue séparation, Helen n’omet aucun détail.

Son récit, c’est celui d’une femme dont les sentiments furent étouffés pendant des années mais qui aujourd’hui décide d’exprimer toute sa douleur enfouie en elle jusque-là.

Son récit, c’est celui de deux carrières artistiques grandissantes. L’écriture pour elle, la peinture pour lui : ces domaines qui vont rythmer et vont servir d’exutoires à ces deux destins.

Son récit, c’est celui d’un être dont la dévotion pleine, entière, et presque sans faille pour cet homme les aura menés au désastre.

Amis ? Amoureux ? Amants ? L’ambiguïté est palpable dans chacun des mots de Julia Kerninon, tout comme la tension qui se crée au fur et à mesure des pages. Un livre qui n’a jamais aussi bien porté son titre.


Réelle

L'Observatoire

20,00
par (Libraire)
13 septembre 2018

Conseillée par Carole, Rémy, Célia et Stéphanie

"Il n'y a de réel que ce que nous voyons" clame Don Quichotte.
Johanna Tapiro, l'héroïne de "Réelle" n'a jamais lu Cervantès.
Non. Johanna a été élevée à la télévision allumée 24h/24 et aux magazines people.
Alors rêver de devenir Ophélie Winter est-ce vouloir toucher à la réalité? Le tube de la "chanteuse bimbo" ne s'intitule-t-il pas "Dieu m'a donné la foi"?
Johanna est une petite fille qui veut vivre son conte de fée : passer de l'autre côté du petit écran. Mais à l'adolescence c'est la réalité du corps qui la rattrape : ce qu'il renvoie, son usage, son exploitation. La volonté de Johanna se fait plus forte encore. Elle veut prouver qu'elle existe à ceux qui l'ignorent, la rejettent, la méprisent.
C'est le début des années 2000 et l'arrivée de la téléréalité sur nos écrans. Johanna y survivra-t-elle?
Guillaume Sire nous offre un roman terrible par sa lucidité. Mais "Réelle" n'est pas uniquement une critique de ces années 2000 et de la perversité du système, c'est aussi une photographie sociale d'une époque, de la confrontation de milieux sociaux différents, du rapport au sentiment amoureux et au sexe, du désir d'exister. C'est le portrait "réel", troublant et magnifiquement juste de Johanna Tapiro.


Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
34,90
par (Libraire)
13 septembre 2018

Conseillé par Rémy et Carole

Moi, ce que j'aime, c'est cette bande-dessinée !

Emil Ferris réussit un tour de force avec ce premier volet d'un dyptique sur l'histoire de cette gamine de dix ans qui adore les monstres. Karen les adore et voit le monde comme s'il était un « horror show ». Karen nous croque son quotidien, celui d'une jeune fille à la famille unique, abandonnée par le père, avec un frère coureur, et une mère pilier, ses voisins, une galerie de personnages incroyables, sa vie pas si facile dans ce Chicago d'après-guerre.
Quand sa voisine, une belle femme, qui a traversé l'histoire, traversé les frontières et maintenant celle de la mort, se suicide, Karen n'y croit pas. Elle va mener l'enquête, revêtir l'imper de son frère, et découvrir un passé tortueux et torturé. Avec une imagination foisonnante, la réalité brutale qui n'est pas loin, on se laisse envahir par l'énergie sombre qui en ressort nous happe, nous mange, nous fait frissonner.

L'histoire de l'autrice elle-même est tout un roman, Emil Ferris, qui s'est rééduquée la main droite avec force et conviction au sortir d'une maladie rare qui l'empêchait de dessiner, elle a du tout réapprendre. Six ans pour faire cette œuvre d'art, dont on ne sort pas indemne !
Le stylo bic, les encres colorées, ces hachures, ces visages, ces yeux en gros plans, ces personnages qui emplissent les planches créent à chaque page tournée un autre rythme de lecture. Nos yeux observent dans tous les sens. C'est un véritable régal, c'est émouvant, terrible, et on en redemande avec le « livre deux » à paraître plus tard, soyez patients, ça vaut le détour !


L'Affaire Sparsholt
24,90
par (Libraire)
13 septembre 2018

Conseillé par Marie-Laure

Oxford, 1940. Entre les flirts et les tours de garde, un groupe d’étudiants tente de maintenir à flot un cercle littéraire. L’arrivée de David Sparsholt, un nouvel élève au physique très avantageux va perturber tout ce petit monde, et ce pour diverses raisons et durant plusieurs décennies. Comme pour l’"Enfant de l’Etranger", Alan Hollinghurst construit son récit en découpant le temps. Dans la 2e partie, on rencontre Jonathan, le fils de Sparsholt qui sera notre véritable héros. À travers son histoire personnelle, on va suivre l’évolution de l’homosexualité dans la société anglaise sur plus de 50 ans. Alan Hollinghurst excelle dans l’analyse des sentiments, la peinture des mœurs, la profondeur des personnages et de leurs émotions. Il est également question d’art, beaucoup, Jonathan étant portraitiste, à la manière de son créateur finalement. N’ayons pas peur des comparaisons, on pense à Henry James ou Oscar Wilde, Proust aussi… Mais Alan Hollinghurst reste son propre maître. Il est selon moi, l’un des plus grands écrivains de notre époque.