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Conseils de lecture

Kirio

Weber, Anne

Le Seuil

17,00
par (Libraire)
2 novembre 2017

Conseillé par Agathe

Qui est Kirio, ce curieux personnage dont le narrateur ne tarit pas d'éloges ? D'ailleurs qui est ce curieux narrateur ? Il se refuse à révéler au lecteur sa véritable identité et préfère focaliser toute l'attention sur Kirio. Un saint, un heureux penseur, un marginal qui se déplace sur les mains ? Ou bien tout cela à la fois ?
Ce récit interroge le lecteur. Et à travers ce conte philosophique, il est amené à réfléchir en même temps que le narrateur sur les réponses à apporter afin de pouvoir résoudre l'énorme puzzle que représente la vie de Kirio.


La beauté des jours
22,00
par (Libraire)
26 octobre 2017

Conseillé par Frédérique

Jeanne est une femme d'habitude. Elle vit dans une petite ville de Province, au bord de la voie ferrée, avec Rémy son époux depuis 20 ans. Leurs filles jumelles étudiantes reviennent tous les week-ends à la maison, et chaque dimanche Jeanne monte à la ferme chez ses parents. Tous les soirs, Jeanne regarde le 18h01 passer, ainsi que le train d'après. Et le matin avant de partir, le 8h05. Tous les mardis sans exception, Rémy lui ramène un macaron. Et tous les étés, ils partent à Dunkerque avec les mêmes amis.

Le grain de sable qui s'immisce dans cette vie bien rangée, c'est Marina Abramovic, performeuse qui a fasciné Jeanne à l'adolescence et dont elle retrouve une photo. Transcendée et fascinée par ses performances, utilisant son corps, sa vie et ses expériences pour exprimer le monde, Jeanne est au point d’équilibre de sa vie. On a toujours l'espace de faire des choix, vers quoi ira t-elle ? « Elle s'efforcerait de faire de chaque jour une vie entière et de chaque heure un jour »

On retrouve l'écriture délicate et attentionnée de Claudie Gallay, attentive aux êtres et aux choses, à la poésie du quotidien.


Ce qu'on entend quand on écoute chanter les rivières
20,00
par (Libraire)
26 octobre 2017

Conseillé par Frédérique

Il y a cinq personnages dans ce roman, comme les cinq rivières qui se rassemblent là où a été édifié Salisbury, et ce soir là ces cinq personnes vont se retrouver partie prenante d'un banal accident de voiture : leur destin en sera infléchi.

Il y a Georges, un vieux monsieur qui vient juste de perdre son épouse après 40 ans de mariage et qui se retrouve seul dans sa ferme complètement déboussolé. Sam, un jeune garçon amoureux et timide, perturbé par la grave maladie de son père tout juste annoncée, Rita, la fleuriste de la place, dealeuse d'herbe à ses heures solitaires, Alison, femme de militaire au foyer qui doute de la consistance de son existence, et Liam, qui pourrait bien être le narrateur, et qui pour d'obscures raisons et une appétence évidente pour la solitude est gardien de nuit du château en ruine en haut de la colline.

Dans ce roman choral, nous entendons tour à tour ces cinq voix qui tirent le fil de leur vie minuscule pour nous en faire un récit touchant, triste et mélancolique. Son écriture lente et ciselée interroge la vacuité de l'existence, les ponts entre les vies, entre les gens et la lumière qui apparaît toujours finalement entre les nuages au moment où l'on ne s'y attend plus.


Point cardinal

Sabine Wespieser Éditeur

20,00
par (Libraire)
19 octobre 2017

Conseillé par Stéphanie, Rémy, Agathe et Frédérique

Laurent a une quarantaine d'année. Il est marié à Solange, son amour de lycée. Ensemble ils forment un couple et une famille simples et équilibrés autour de leurs enfants, Thomas et Claire.
Mais un jour le corps de Laurent s'est rappelé à lui. Il s'est mis à cogner de l'intérieur : dans les os, les tendons, les muscles. Le sport pratiqué intensément pour calmer les douleurs n'est qu'un placebo, Laurent le sait.
La femme secrète qui vit en lui s'appelle Mathilda, elle est le point cardinal mais Laurent ne lui laisse pas la place. Son corps devient un cri.
Si Laurent est Mathilda durant des instants volés, bientôt cela ne suffit plus : Mathilda, la femme cachée, doit laisser place à Lauren, la femme dévoilée, entière, elle-même. Lauren en pleine lumière.
Léonor de Recondo a su trouver la langue pour raconter avec élégance et émotion l'onde de choc provoquée par le choix de Laurent. Ce roman dit l'importance et la difficulté parfois d'être soi-même, il dit le désarroi et aussi la force de l'amour, la joie de se trouver.


La fille à histoires
18,00
par (Libraire)
17 octobre 2017

Conseillé par Marie-Laure

« La fille à histoires » ou comment Irène Frain est devenue écrivain. Dans ce très beau livre intimiste, elle revient sur sa relation compliquée avec sa mère qui justement lui en racontait souvent, des histoires.
Ce n'est pas la première fois que la romancière bretonne écrit sur sa famille. On pense notamment à « La Maison de la source » (Fayard, 2000) ou encore « Sorti de rien » (Seuil, 2013) dans lequel elle retraçait le parcours de son père. Dans son dernier ouvrage, elle a choisi de raconter cette relation très particulière qu'elle avait avec sa mère, mais surtout elle explique comment le rejet de la femme qui l'a mise au monde a fait d'elle un écrivain. Irène Frain n'était pas une enfant désirée. Sa mère avait appris qu'elle n'était pas le grand amour de son mari et ce sentiment d'amertume et de colère a rejailli sur cette petite fille. Irène Frain n'était pas une enfant qui devait vivre. Elle est une miraculée. Son prénom Irène est une pitoyable vengeance de sa mère. Dès sa naissance, la vie d'Irène ressemble à celle d'une héroïne de roman du XIXe siècle. Sauf qu'elle prendra très vite les commandes ; les histoires c'est elle qui va les faire, c'est elle qui va les écrire. Sa mère était une femme qui racontait toujours des anecdotes, des commérages. Elle embellissait, extrapolait, exagérait selon ses envies. La jeune Irène, dans un souci de se rapprocher de sa mère ou tout simplement tenter de comprendre ce désamour, restait suspendue à ses lèvres. Sa mère lui a donné le goût des histoires, faisant d'elle une « fille à histoires ». Il ne s'agit pas pour Irène Frain de faire le procès de sa mère, il faut écrire pour tenter de la justifier, non la condamner. L'écriture de ce livre est certainement une forme de thérapie pour l'auteure. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elle choisit cette citation de Michel Butor pour exergue : « Écrire, c'est détruire les barrières. » Irène Frain brise un tabou, celui d'une mère qui ne réussit pas à aimer l'un de ses enfants. Un récit touchant et très personnel de la fille dont on aime tant les histoires.

© Revue Page des libraires, n°186 – Automne 2017