Les mobilités / master, agrégation
EAN13
9782718199627
ISBN
978-2-7181-9962-7
Éditeur
Armand Colin
Date de publication
Collection
POUR LES CONC
Nombre de pages
229
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
445 g
Langue
français
Code dewey
304.8
Fiches UNIMARC
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Les mobilités / master, agrégation

Armand Colin

Pour Les Conc

Indisponible
PARTIE I?>Les migrations internationales?>?>Chapitre 1?>Épistémologie de la science
de la migration internationale?>Gérard-François DumontL'étude des mobilités s'inscrit dans le cadre de cette branche de la géographie, dont la naissance est relativement récente, qu'est la géographie de la population1. En effet, pendant des siècles, on ne trouve que des observations éparses formulées par les auteurs les plus divers sur telle ou telle population. La connaissance géographique des populations n'est donc jamais systématique2 et porte plutôt sur des particularités observées à l'occasion des voyages terrestres ou maritimes. La question de la migration fait pourtant depuis toujours l'objet de réflexions. Mais ces dernières ne laissent la place à une véritable connaissance géographique qu'à partir du XIXe siècle, ce qui donne lieu à la formulation de premières théories sur la migration, qui vont ensuite se multiplier. Depuis le milieu du XXe siècle, l'étude géographique empirique des migrations internationales progresse, donnant lieu à des concepts, qui s'enrichissent notamment au fil de l'évolution des événements migratoires.1.Les migrations internationales,
une question ancienne?>La question des migrations internationales se trouve posée depuis longtemps. D'une part, les flux migratoires ont une réelle importance dans les livres des religions monothéistes. D'autre part, parmi les auteurs anciens, Platon s'était déjà intéressé, voici vingt-cinq siècles, à une notion qui a réapparu en 2000, dans un rapport de la Division de la population de l'ONU,3 sous la dénomination de « migrations de remplacement », c'est-à-dire de migrations dont un pays a besoin pour enrayer son dépeuplement et/ou le vieillissement de sa population.En effet, Platon (428-347 av. J.-C.) souhaite un nombre d'hommes fixe dans la cité, puisqu'il faut, selon lui...« ajuster les foyers au chiffre de cinq mille quarante » (Les Lois, V)4. Il précise à la page précédente : « Il faut se dire en outre que le nombre des foyers maintenant délimité par nous doit toujours rester le même, sans s'accroître ni non plus diminuer. » Pour satisfaire à cet objectif, et si le contrôle des naissances ou l'évolution de mortalité n'y satisfont pas, Platon envisage deux possibilités : l'émigration, en cas d'excédent de la population, et l'immigration dans le cas contraire, même s'il ne l'admet qu'en dernier ressort, comme il le précise : « Si, au contraire, il survient jamais une vague qui apporte un déluge de maladies, ou le fléau des guerres, et que la population subisse des pertes qui la ramènent bien au-dessous du nombre fixé, il ne faut pas admettre de gaieté de cœur des citoyens formés par une éducation bâtarde ; mais la nécessité, dit-on, ne souffre pas que Dieu même la contraigne. » (Les Lois, VI)En Occident, après des siècles où la dimension morale, c'est-à-dire la charité qui appelle d'accueillir l'étranger, prédomine, la réflexion sur la migration renaît au milieu du deuxième millénaire. Selon Nicolas Machiavel (1469-1527), Le Prince5, pour être puissant, doit savoir gérer la répartition de la population en fonction de la richesse des territoires. Il doit organiser l'émigration quand elle est nécessaire en installant des colonies humaines « dans les pays vaincus ou abandonnés ».À la même période, Thomas More (1478-1535), dans son livre, L'île d'Utopie, publié en 1516, considère que le gouvernement doit veiller à l'évolution de la population et précise le chiffre de « six mille (familles) dans chaque par cité », qui n'est pas sans rappeler le « nombre d'or » proposé par Platon. Comme régler le nombre des naissances n'est pas forcément suffisant pour contrôler la population, et s'il y a donc trop d'habitants, il préconise le recours à l'émigration : « Lorsque la population totale de l'île dépasse le niveau que l'on estime convenable, on lève dans chaque ville des citoyens qui vont établir une colonie réglée d'après leurs lois ».6À l'inverse, si le nombre des habitants de l'île d'Utopie diminue trop en raison de fléaux, il convient de recourir à l'immigration : « S'il advenait que la population de certaines villes d'Utopie diminuât au point que les autres parties de l'île ne puissent suffire à combler les vides, tout en conservant leur quantité normale d'habitants – le fait s'est produit, dit-on, exactement deux fois au cours de leur histoire, par suite des ravages de la peste – on ferait revenir les citoyens d'une colonie, pour repeupler les villes de la métropole. » Thomas More n'envisage que l'immigration de citoyens d'une colonie. Il exclut donc toute autre immigration d'hommes qui ne seraient pas Utopiens.
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