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La Fille de mon meilleur ami
EAN13
9782707329127
ISBN
978-2-7073-2912-7
Éditeur
Les Éditions de Minuit
Date de publication
Collection
Double
Nombre de pages
142
Dimensions
18 x 11 x 1 cm
Poids
112 g
Langue
français
Langue d'origine
français
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La Fille de mon meilleur ami

Les Éditions de Minuit

Double

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Avant de mourir à l’hôpital militaire de Montauban, Louis m’a révélé l’existence de sa fille Mathilde dont il avait perdu la trace. Il savait seulement qu’elle avait passé des années en asile psychiatrique et qu’on lui avait retiré la garde de son enfant. Il m’a alors demandé de la retrouver. Et j’ai promis. Sans illusion. Mais j’ai promis. Et c’est bien par elle que tout a commencé.

Yves Ravey brode, comme à son habitude, un récit qui ne paie pas de mine mais, bientôt, monte en puissance et finit par nous accrocher mieux que dix polars. L'écriture, d'une blancheur tout étudiée, entortille vicieusement le lecteur, notamment par un usage expert des dialogues qui savent instiller une tension inattendue: il suffit qu'un gendarme vienne interroger le couple, de manière on ne peut plus réglementaire, et l'on se prend à trembler pour eux. Et puis il y a William, le narrateur de cette épopée de quatre sous: l'ancien directeur commercial qui a piqué dans la caisse n'est pas seulement le brave loser qu'on imagine au départ. Comme échappé d'un roman de Jim Thompson (l'auteur de «Des cliques et des cloaques», adapté au cinéma par Alain Corneau sous le titre «Série noire»), il révèle vite une face roublarde, menteuse et donc follement humaine. Le genre de type qui traîne des casseroles minables aux fesses, trouve évidemment le plus médiocre moyen de les racheter, et tombe amoureux de la mauvaise personne au pire moment. Dans son écrin de cauchemar urbain, très ordinaire (cafétéria de supermarché, hôtel passe-partout de banlieue...), le héros d'Yves Ravey et sa foldingue de petite protégée courent naturellement à leur perte - quelle autre direction pourraient-ils bien emprunter de toute façon? Ils nous entraînent avec eux, pieds et poings liés jusqu'à la dernière page. Et l'on se dit que cette courte équipée est une perle de noirceur, salement bien fichue.

Arnaud Gonzague, Le Nouvel Observateur, 15 mai 2014
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