Community Organizing. De l'émeute à l'alliance des classes populaires aux Etats-Unis
EAN13
9782912107862
ISBN
978-2-912107-86-2
Éditeur
Raisons d'Agir
Date de publication
Collection
COURS ET TRAVAU
Nombre de pages
320
Dimensions
23,1 x 15,6 x 1,8 cm
Poids
526 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Community Organizing. De l'émeute à l'alliance des classes populaires aux Etats-Unis

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(Texte provisoire)
Ce livre consacré aux nouvelles formes de mobilisation qui se développent depuis quelques décennies aux Etats-Unis, traite en réalité de la question de la politisation des classes populaires : la coupure qu'elles ressentent avec les représentants élus, le déclin des partis politiques et des organisations syndicales, la montée de l'abstention, etc. Autant de problèmes que les community organizations - les organisations communautaires étasuniennes- contribuent à renouveler. Elles visent en effet, sans toujours y parvenir, à rassembler sous la bannière mouvante de la communauté des Noirs et des Latinos, des musulmans et des catholiques et surtout des habitants des quartiers pauvres quelle que soit leur identité, afin de promouvoir des revendications sociales bénéficiant aux plus défavorisés.
Alors qu'en 1992, Los Angeles connait les émeutes les plus destructrices de l'histoire des Etats-Unis, l'Amérique des années 2010 connait de nouveaux soulèvements, à Ferguson et Baltimore, pour protester contre les violences policières et l'injustice sociale et raciale. Mais, entre temps, les minorités et les classes populaires se sont organisées. A Los Angeles, des associations rassemblant pauvres et classes-moyennes, Noirs et Latinos, ont vu le jour pour transformer la condition des habitants des quartiers populaires. Réunis sous la bannière du community organizing, ils donnent à voir le pouvoir d'agir de ceux qui n'ont que la force du nombre. Par des méthodes sophistiquées de recrutement, ces organisations parviennent à toucher une population que tout prédisposait à l'apathie. Cette mobilisation des masses permet d'obtenir des victoires substantielles et d'améliorer le quotidien dans les quartiers populaires. Partant de l'échelle du quartier, ces campagnes visent désormais des cibles plus importantes, à l'échelle californienne ou nationale. Se dessine ainsi une démocratie d'interpellation, où des contre-pouvoirs autonomes viennent rappeler les élus à leurs promesses et tentent de reconstruire les bases d'un Etat social redistributif.
Loin du dualisme présentant une opposition irréductible entre communauté et société, entre lutte contre les discriminations et défense de la justice sociale, ces organisations s'appuient sur les relations communautaires ordinaires pour promouvoir des revendications de classe. La professionnalisation accrue de ces associations tout comme leur financement par de riches fondations interrogent cependant le pouvoir des participants dans le devenir de ces luttes. Le community organizing rencontre un écho croissant en France depuis quelques années. En lien avec le désenchantement à l'égard de la " démocratie participative " et les formes plus instituées d'engagement " citoyen ", des professionnels du travail social et de la politique de ville se sont tournés vers la notion d'empowerment - traduite par " pouvoir d'agir " en Français - dans l'espoir d'interpeller les pouvoirs démocratiques en redonnant aux classes populaires une voix que la gauche actuelle ne cesse d'étouffer.
Julien Talpin est chercheur en Sciences politiques au CNRS, et auteur de plusieurs livres sur la démocratie participative. Il est également directeur de la revue Participations.
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