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La déclaration des droits de l'homme et du citoyen illustrée
25 mai 2013

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit

D’abord, il y a le texte, que tout le monde connaît ou croit connaître.  La parution de cette Déclaration des droits de l'homme illustrée par Nicolas Vial m’a donné l’occasion de la relire. Ce qui m’a le plus surpris, c’est la modernité de ces lignes qui datent pourtant de 1789. L’article 9 notamment, que l’on pourrait dédier à tant de détenus : « Tout homme est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimé par la loi. »  Quand sera-t-il appliqué?

Et puis il y a les dessins. Il faut du culot, les épaules larges, ainsi qu'un sacré talent pour se colleter à un tel mythe. Avec son univers si singulier dans lequel les humains, les animaux et les machines sont en perpétuelle confrontation, Nicolas Vial tient le choc. Une palette chaude vient adoucir le trait acéré, toujours prêt à s’indigner de l’injustice et des manquements aux règles de la démocratie. Ne passez pas à côté de ce beau petit livre (beau papier et très belle impression) vendu pour le prix d’un poche.

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Villa Mauresque, Somerset Maugham et les siens

Somerset Maugham et les siens

La Table Ronde

20,00
24 mai 2013

Il était une fois Somerset Maugham

Cet album est tout simplement jubilatoire. Se remettant à la tâche, le dessinateur Floc'h et l'écrivain François Rivière, le duo qui enchante depuis des années les fous de bande dessinée ET les amateurs de littérature (on leur doit " Albany ", " Blitz "), unissent une fois de plus leurs talents pour raconter en texte et en dessins la vie de Somerset Maugham. En réalité, ce livre est à la fois la biographie d'un homme, Maugham, et celle d'une maison, " Villa mauresque ", située dans le sud de la France, où l'Anglais passa les meilleurs moments de sa vie, et écrivit, perché dans son bureau, quelques-uns de ses romans les plus célèbres.

Contrairement à leurs expériences précédentes, Floc'h et Rivière s'attaquent cette fois à une vraie personne, l'auteur de " Liza de Lambeth ", " Mrs Craddock " " Fil du rasoir ", " Il suffit d'une nuit " et " Le grand écrivain " (ces deux derniers titres étant réédités dans la collection " Petite vermillon " avec des couvertures conçues par Floc'h).

Proposant plusieurs points de vue, Somerset lui-même, mais aussi son neveu, une amie, la cuisinière, ils évoquent cette existence qui fut faite de mondanités, de solitude, de mariage et de passions homosexuelles. Il y a juste ce qu'il faut de " name dropping " pour nous amuser (les Windsor, Charlie Chaplin, DH Lawrence et même Barbara Cartland), mais aussi des réflexions sur la création, l'écriture. On espère que les deux comparses vont renouveler l'expérience avec d'autres artistes. S'ils manquent d'idées, on a plein de noms à leur suggérer!

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La déchéance de Mrs Robinson
24 mai 2013

Un homme à tromper

" Je suis une journaliste jouant à l'historienne et essayant, ensuite, de transformer ce que j'ai trouvé en roman. " Cette profession de foi illustre de manière très précise la démarche de Kate Summerscale. Après avoir évoqué la naissance du roman policier avec " L'affaire du Road hill house ", la voici établissant des parallèles entre Emma Bovary et cette pauvre Isabella Robinson qui paya ses fantasmes au prix fort. L'histoire se situe au milieu du 19e siècle. A l'époque, pas ou peu de salut pour une femme en dehors du mariage. Jeune veuve avec un enfant, Isabella épouse, faute de parti plus attrayant, Henry Robinson, un ingénieur triste, ennuyeux, radin, bref un homme à tromper. Ce qu'elle fera brièvement, mais l'adultère, c'est surtout en pensées qu'elle va le commettre, pensées dont elle remplit son journal intime. Alors qu'elle est malade, Henry lui pique son journal, l'ouvre, découvre à quel point sa femme le méprise et demande le divorce. A l'époque, on s'en doute, ce n'est pas une mince affaire, et le procès va être retentissant. A travers ce fait banal, Kate Summerscale explore la société victorienne, avec un accent tout particulier sur la déplorable condition féminine. Se transformant en détective de l'Histoire, elle signe un livre aussi bluffant que le précédent.

Article paru dans ELLE

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Baker Street

18,00
23 mai 2013

Le coup de cœur de Pascale Frey

Tout le monde se souvient de la scène mythique de " Quand Harry rencontre Sally ", où Meg Ryan simule un orgasme, en plein restaurant devant un Billy Crystal ébahi. Juste pour le plaisir (!), vous pouvez en regarder l'extrait en bas de cette chronique.

La réalisatrice de cette comédie à l'américaine, était aussi journaliste et écrivain. Ce sont d'ailleurs ces deux qualités qu'elle convoque pour ce livre écrit en 1983, qui devint un best-seller aux Etats-Unis, puis un film de Mike Nichols « La brûlure » interprété par Meryl Streep (l'actrice fétiche de Nora Ephron) et Jack Nicholson. Il est réédité aujourd'hui par les éditions Bakerstreet. Bien que ce récit soit publié sous l'appellation de fiction, l’auteure raconte une aventure tout ce qu'il y a de plus authentique; elle se contente de changer le nom des personnages, c'est tout. Dans les années 70, elle était mariée à Carl Bernstein. Oui, le Carl Bernstein, journaliste au Washington Post, qui fit tomber Nixon, en révélant le scandale du Watergate, immortalisé par Dustin Hoffman dans " Les hommes du président " de Alan Pakula. Carl et Nora, ou plutôt Mark et Rachel dans le roman, étaient mariés depuis quelques années, avaient un enfant de deux ans, et en attendaient un autre de manière imminente, lorsque Rachel découvrit que Mark la trompait avec une de leurs amies. Alternant drame et vaudeville, scènes et fugues, Nora Ephron s'est vengée à sa façon: elle a fait fortune avec sa version de cette histoire, dans laquelle son ex-mari n'est pas vraiment à la fête ! Lorsqu'elle n'avait pas le moral, Nora se consolait en cuisinant... vous trouverez donc, entre deux disputes, des recettes dont on recommande, en passant, à l'éditrice de les réunir en un petit recueil pour Noël. Et si le cœur vous en dit, paraissent en même temps chez le même éditeur, des textes récents (jusque-là inédits en français) qu'elle a écrits pour différentes magazines, [" Je ne me souviens de rien et autres réminiscences "]( http://www.onlalu.com/site/ouvrages/je-ne-me-souviens-de-rein-et-autres- reminiscences/).

Lorsqu'on lui demandait si elle croyait en Dieu, elle répondait: " Je crois qu'on ne met jamais trop de beurre dans la purée, et d'ailleurs dans tout. Voilà ce que je crois... " Tout Nora est là.

**Extrait de Quand Harry renconre Sally (avec un peu de pub, mais ça vaut la peine!)** [Version française ](http://www.youtube.com/watch?v=TgP46TTgET0)[version originale  ]( http://www.youtube.com/watch?v=F-bsf2x-aeE)

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L'embellie
23 mai 2013

Le coup de cœur de Pascale Frey

Après les " page turner " (des livres dont on ne peut s'empêcher de tourner les pages frénétiquement), on parle aujourd'hui de " feel good book ". Pourquoi recourir à l'anglais ? Parce qu'il faut bien reconnaître que ces trois mots sont plus percutants que " les livres qui nous font nous sentir bien "! Tout cela pour vous dir_e _que_ _le roman d'Audur Olafsdottir, " L'Embellie ", est à la fois un " page turner " et un " feel good book "! Il a paru l'automne dernier, et poursuit sa carrière auprès des lecteurs, suivant le même chemin que " [Rosa candida]( http://www.onlalu.com/site/ouvrages/rosa- candida/)" , publié il y a trois ans.

L'intrigue est originale, puisqu'en quelques jours, une femme apprend :

1\. que son mari la quitte (sans oublier d'emporter le toaster et les guirlandes de Noël) car il attend un enfant avec une autre,

2\. qu'elle a gagné à la loterie un chalet d'été en kit. Elle peut l'installer où elle veut dans le pays et, comme par hasard, va choisir le terrain face à la ferme de son enfance...

3\. selon toute improbabilité, elle est aussi l'heureuse bénéficiaire de quelques millions de couronnes remportés au loto (il lui est difficile de résister ? aux tickets que des nécessiteux ou des pompiers lui vendent)…

4\. et d'un enfant, elle qui n'en voulait pas. Ce petit Tumi, qui entend mal et voit guère mieux, est le fils de sa meilleure amie, hospitalisée pour risque d'accouchement prématuré.

Tout cela paraît loufoque ? Ça l'est, on confirme ! Que cela soit crédible ou pas n'a strictement aucune importance, car dès les premières pages, on tombe sous le charme de ce duo improbable qui s'embarque sur l'unique route du pays (une sorte de 101 version islandaise), pour rejoindre le village natal de la narratrice. Comme l'intrigue se situe en novembre, la nature, la nuit et les éléments (beaucoup de pluie et de brouillard) servent de décors à cette ballade. Cela pourrait être cauchemardesque, c'est au contraire très joyeux, car ces deux personnages hors normes sont habités par une sorte de gaieté, même si en filigrane, une gravité apporte un autre éclairage au récit. Lorsqu'on lit Audur Olafsdottir, on a l'impression de la voir sourire. Tout le monde sait que le sourire est contagieux, alors il ne reste plus qu'à trouver une expression française (ou islandaise) pour le " feel good book… "

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