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Roman

Sabine Wespieser Éditeur

21,00
par (Libraire)
14 octobre 2021

Conseillé par Chloé, Manon R, Stéphanie et Rémy

"I can't breathe"
"Je ne peux plus respirer"
Certaines phrases restent, comme marquées au fer rouge.
Certaines phrases, certains actes inspirent de manière fulgurante les écrivains.
La mort de George Floyd est au coeur de "Milwaukee blues".

Il s'appelait Emmett, c'était un géant noir, né à Milwaukee, Wisconsin. Son histoire s'ouvre sur un chapitre intitulé "Nine-one-one'" (911), ce numéro d'urgence états-uniens que nous connaissons tous par l'intermédiaire des séries policières importées d'Outre-Atlantique. C'est un jeune épicier paki qui confie sa version, ses doutes et ses regrets. C'est lui qui a fait le 911 quand ce grand balèze, qui lui a semblé étranger au quartier, a acheté des cigaretttes avec un billet vraisemblablement faux.
C'est une première voix. D'autres vont se faire entendre : une ancienne institutrice, un coach, une fiancée ... Ensemble, chacune d'entre elle, nous dévoile une partie d'Emmett. Et toutes ces images kaléidoscopiques finissent par ne former qu'un portrait unique. Celui d'un homme debout qu'on a mis à terre, d'une âme belle, sensible et complexe. De toutes ces voix émergent également le portrait d'un pays extrêmement juste.
Tout est là. C'est émouvant. On a la sensation d'effleurer quelque chose qui se rapprocherait de la Vérité.
Nous aurions presque envie de dire que c'est un livre nécessaire.
Et puis, cette plume Louis-Philippe Dalembert, cette plume !