Librairie coiffard

Ne préfère pas le sang à l'eau
par (Libraire)
3 mai 2018

Conseillé par Stéphanie

Liberté
...
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur le couronne des rois
J'écris ton nom ..

"Liberté, j'écris ton nom". Le célèbre poème d'Eluard pourrait être gravé en exergue du roman de Céline Lapertot.
A Cartimandua, pays imaginaire du Nord, tout allait bien tant que la Citerne d'eau dominait le pays par son gigantisme et sa blancheur. Les Nez Verts affluaient du Sud vers cet Eldorado, et tant qu'il y avait de l'eau pour tout le monde, le vivre-ensemble était envisageable. Il y eut bien une Cassandre pour prévenir des possibles maux à venir, mais le commun des mortels n'est jamais capable d'envisager le pire. Et le pire arriva sous forme d'explosion. L'eau précieuse noya et emporta avec elle les illusions, la tolérance et la démocratie.
Encore une fois Céline Lapertot nous bouscule, nous bouleverse même parfois. Sans détour, elle nous fait sauter à la figure l'absurdité de la conditions humaine, mais sa complexité aussi. Trahir et résister, accueillir et rejeter, aimer et tolérer, les paradoxes qui nous composent sont si nombreux. Une craie et des mots sur un mur suffisent-il à dénoncer?

La nuit de l'usine

Héloïse d'Ormesson

22,00
par (Libraire)
30 avril 2018

Conseillé par Stéphanie

O’Connor est un village oublié de la Province de Buenos Aires. Cependant ne vous y trompez pas, ceux qui vivent là sont certainement dignes de rentrer dans la légende. Qui sait ? Ce sera peut-être chose faite après cette fameuse Nuit de l’usine.
Qui aurait pu imaginer que le scenario réalisé par William Wyler dans "Comment voler un million de dollars ?" avec Audrey Hepburn et Peter O'Toole pourrait un jour donner naissance à la plus belle vengeance orchestrée dans la pampa argentine, avec dans les rôles principaux un ancien joueur de foot propriétaire d’une station-service décrépie et un ancien maître de chantier réparateur de pneus ? Eduardi Sacheri nous fait remonter le fil d’une arnaque suivie d’une vengeance sur fond de crise financière et politique argentine. Une histoire sans concession, et pourtant pleine de bienveillance, teintée d’un humour corrosif.

La Reine des lectrices
par (Libraire)
27 avril 2018

Conseillé par Coralie

La reine des lectrices? La reine d'Angleterre bien sûr!
A-t-on suffisamment parlé des bienfaits du bibliobus? C'est chose faite avec cette merveilleuse farce, sensible et terriblement mordante.
Saisie d'un coup par une passion dévorante pour la lecture, La reine délaisse petit à petit toutes ses obligations royales. Mais où cela va-t-il mener le pays tout entier?

Les vies de papier
par (Libraire)
27 avril 2018

Conseillé par Stéphanie

Aaliya, beyrouthine de 72 ans a été répudiée et n'a jamais eu d'enfant. Le lecteur la découvre dans son petit appartement alors qu'elle vient de rater sa teinture : ses cheveux sont vraiment très bleus! Cela n'enlèvera rien à son enthousiasme puisqu'on est le 1er janvier, et que le premier jour de chaque année, depuis 37 ans, Aaliya choisit le texte d'un écrivain qu'elle affectionne et passe l'année à le traduire.
Peut-être commencez-vous à cerner cette femme incroyable qui dort avec une kalachnikov AK47 sous l'oreiller?
Personnage entier, à la mémoire foisonnante, à la culture gargantuesque, à la limite de l'effrayant il faut bien le dire, Aaliya nous livre peu à peu son histoire à travers des digressions parfois déroutantes, des réflexions avisées et des anecdotes cocasses!
Attention, "Les vies de papier" est une lecture qui se mérite. Aalyia est entrée en littérature comme on entre en religion, entièrement et intensément! Mais quelle femme!

L'Archipel du Chien
par (Libraire)
18 avril 2018

Conseillé par Lyonel

Philippe Claudel est un amoureux de Louis-Ferdinand Céline. C’est à dire qu’il est un sentimental des débuts de romans, des récits incontournables et décisifs. On se souvient des premiers mots de Mort à Crédit: « Nous voici encore seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste... » Lourd et lent, ces mots rappellent ceux d’un autre maître en écriture de Philippe Claudel: André Hardellet et son roman à scandale: Lourdes, Lentes. Écriture puissante, tracée au sabre, qui influença fortement l’auteur des Âmes Grises, tout au long d’un Inhumaines, le précédent livre du romancier.
Littérature de rupture, contagieuse en outrages et autres provocations. Avec L’Archipel du Chien, Claudel revient à ses premiers amours et au dynamitage d’un certain manichéisme. Comment devient-on complice? Comment devient-on coupable ? Ces questionnements, digne d’un Kafka, Claudel les met en place au fil de ce roman passionnant. Sorte de syncrétisme littéraire - on y retrouve du polar, de l’imaginaire et du réalisme - L’Archipel du Chien convoque les thématiques de l’étranger et de la migration, dans un espace fantasmé qui ressemble de très près au bassin méditerranéen. Durant cette parabole, cet imaginaire au vitriol, Claudel fabrique une tension et un suspens, qui interroge l’éthique de tout un chacun. Claudel, une odyssée nécessaire.