Librairie Coiffard ..

Marelle
10 juillet 2018

Conseillé par Lyonel

Lecteur passionné du poème de Baudelaire "À une passante", Julio Cortázar a retenu la leçon. La littérature doit être un surgissement. Amateur de l’Oulipo, il imagine un labyrinthe borgésien où l’on retrouve l’amour fou, la passion du jazz et l’obsession de la création littéraire. Après s’être essayé lors de ses premiers écrits à la trame narrative normée, Cortázar travaille une prose fragmentaire et poétique. Cela donne Marelle, roman sans réel équivalent, que l’on peut lire de manière linéaire ou en suivant un chapitrage bien particulier. Ces multiples manières de lire ces 155 chapitres fabriquent de la matière littéraire, pousse le lecteur à une autonomie de lecture inégalée. Marelle est une expérience séminale qui influencera une grande partie de la littérature mondiale.

Dark
14,00
10 juillet 2018

Conseillé par Carole

"Dark" est le roman fissuré des souvenirs d'adolescence d'un romancier. Alors on rencontre Victor, mais ce n'est pas son vrai nom, il l'a changé un soir dans un bar de nuit lorsqu'il fait la rencontre étrange d'Andrés. Cet homme hors du commun, d'expérience, plus âgé, au passé trouble, au présent aussi, lui fait découvrir beaucoup. Victor, adolescent, recherche le frisson, a la curiosité que sa vie protégée génère, il a alors avec Andrés une relation initiatique. En musique de fond : l'Argentine, le bandonéon, la voix de cette chanteuse de tango et au loin les discours d'Eva Perón.
Un beau roman sur la matière autobiographique d'un écrivain à lire comme on pratique le kintsugi, cet « art japonais qui consiste à remplir les fissures d'un objet brisé ».

Le Baiser de la femme-araignée
10 juillet 2018

Conseillé par Jonathan

Une cellule de prison, deux hommes ignorant tout l'un de l'autre. Voilà pour le décor et les personnages. Quant à l'intrigue elle est pratiquement inexistante ; pour faire passer le temps et en attendant de connaître des jours meilleurs Manolo, cinéphile averti, raconte de vieux souvenirs de films à Valentin son compagnon de cellule. Composé essentiellement des dialogues entre les deux hommes, abordant des sujets tels que l'homosexualité et les luttes politiques, "Le Baiser de la femme-araignée" est un des romans les plus importants et novateurs de la littérature argentine. Adapté au cinéma en 1985 il remportera le Prix d'interprétation au festival de Cannes comme un ultime hommage au destin tragique de ses héros.

Nouvelles fantastiques
10 juillet 2018

Conseillé par Marion

À travers onze nouvelles toutes plus étonnantes les unes que les autres, laissez-vous entraîner par la narration surprenante (et effrayante !) d'Adolfo Bioy Casares. Toutes commencent de la même façon : le narrateur passe du bon temps dans un pays, jusqu'à un élément déclencheur qui va changer sa vie à jamais. À mi-chemin entre l'ambiance d'un film de Guillermo del Toro et "La Maison des feuilles" de Mark Z. Danielewski, Bioy Casares, par son écriture labyrinthique, arrive à semer son lecteur jonglant avec la réalité et le fantastique. Certaines nouvelles vous feront frissonner quand d'autres vous donneront envie de relire les pages précédentes pour savoir à quel moment le fantastique a pris le relais !

L'Invention de Morel
10 juillet 2018

Conseillé par Lyonel

En 1961, Alain Robbe-Grillet écrit le scénario le plus incompréhensible de l’histoire du cinéma, avec le cinéaste Alain Resnais. Cela donne "L’Année dernière à Marienbad". Robbe-Grillet est allé chercher un premier roman marquant.
"L'invention de Morel" est un récit opaque, en forme de chef-d’œuvre. L’auteur ? Adolfo Bioy Casares. Dandy, flâneur des rues de Buenos Aires, Casares est aussi l’élève du totem Borges, lequel signe d’ailleurs la préface de l’ouvrage et considère que la trame du livre se révèle quasi parfaite – constat ironique face à cette narration énigmatique. Sur une île, un fugitif ne cesse de vouloir se cacher du reste des habitants mais sera démasqué par une passion amoureuse. Casares mêle un style sec à une imagination narrative remarquable.

Un court roman qui laisse une impression impérissable.