Librairie Coiffard ..

MES BIEN CHERES SOEURS
15 avril 2019

Conseillé par Marie-Laure

Depuis le mouvement #metoo, on parle d'une nouvelle vague du féminisme, la quatrième, selon Chloé Delaume. Dans ce court récit, l'auteure mêle l'intime à l'universel, comme Virginie Despentes avec "King Kong Théorie" (Le Livre de Poche). Chloé Delaume revient sur notre culture bien française qui prône le graveleux et la gaudriole (cf. l'émission le "Cocoricoboy"). Ainsi, dans une telle société, comment faire face à ce qu'elle appelle le "papatronat"? Tout simplement en s'unissant. Cela paraît naïf mais nous, les filles, avons tendance à l'oublier lorsque nous perdons notre énergie à nous juger les unes les autres. Chloé Delaume rappelle ce lien puissant qui existe entre sœurs. Dans la dernière saison, Buffy réussit à vaincre le mal en convoquant toutes ses sœurs, les élues. C'est assez osé comme parallèle mais ça a le mérite de nous parler à toutes! "Quel que soit le parcours des amies inconnues: c'est la sororité leur lien, l'état premier de leurs rapports."

© Page des libraires N°195

Un jour comme les autres
12 avril 2019

Conseillé par Coralie

Une disparition inquiétante

Après de nombreux romans policiers, Paul Colize nous entraîne à nouveau sur un chemin inquiétant et sombre avec cette dernière enquête. Une intrigue glaçante où les indices se succèdent sans jamais s'accorder. Un roman qui rendra le lecteur suspicieux et inquiet.

Le vendredi 14 novembre 2014, Eric Deguide quitte son domicile, à Ixelles, pour se rendre à une réunion. C'est la dernière fois que sa compagne Emily le voit. Eric ne s'est jamais rendu à une quelconque réunion et il ne réapparaitra plus jamais après ce matin-là. Emily signale sa disparition, s'inquiète, entreprend de contacter tous ses amis et même son ex-femme. Personne n'a reçu le moindre signe de vie d'Eric. Quelques jours plus tard, sa voiture est retrouvée sur le parking de l'aéroport mais il n'y aucune trace, dans les enregistrements vidéo de l'arrivée de cette voiture.

Très rapidement, les enquêteurs qui n'ont pas la moindre piste à se mettre sous la dent vont conclure à un départ prémédité et organisé par Eric. Il aurait fui, probablement à l'étranger, et on ne peut pas rechercher un adulte qui part de son plein gré. Seulement, Emily ne croit pas à cette histoire. Eric est brillant, professeur passionnant et passionné, il se bat au quotidien pour ses idées et pour défendre les droits de l'homme. Il a toujours été stable, simple, hormis le divorce avec sa femme ily a quelques années pour retrouver Emily.

Emily compte les jours, elle sait qu'Eric va revenir. En attendant, elle prend le large, se rend en Italie, là où Eric et elle ont passé de tendres vacances. Elle se remet au chant et rencontre Massimo, à qui elle raconte peu à peu son histoire.

Dans la première partie du roman, c'est Emily qui nous parle. Elle tente de se reconstruire, elle attend, elle espère un signe infime. Son récit est entrecoupé des échanges avec Massimo : ils parlent de Dieu, du pardon, de l'absence, de la passion. Leurs discussions sont philosophiques, méditatives.

En parallèle, elle s'est liée d'amitié avec un homme qui tient un blog sur des affaires non élucidées et espère quelques pistes supplémentaires mais au fil du temps, plus aucune piste n'est soulevée. Petit à petit, cet homme s'est amouraché d'Emily et tente de la consoler de l'absence qui lui pèse. Un jour, sur le blog, une jeune femme affirme avoir vu Deguide le matin de sa disparition. D'ailleurs, elle le reconnait, il est venu plusieurs fois au casino où elle travaillait à cette époque. Emily ne peut pas croire à cette histoire : Eric n'allait pas au casino, il n'était pas joueur, c'est impossible. Elle laisse de côté cette hypothèque qui lui semble saugrenue.

D'indices en suspicions, Paul Colize nous entraîne dans une enquête maline et subtile dans laquelle on se laisse bien volontiers embarquer et dans laquelle les personnages ne sont pas si lisses qu'ils n'en ont l'air. Un thriller palpitant et inquiétant qui ne laisse pas indifférent.

LE BLUES DU CHAT
12 avril 2019

Conseillé par Coralie

Après "La griffe du chat", Sophie Chabanel dépoussière à nouveau le genre policier avec son second roman et mène une enquête efficace, décalée et amusante. Un polar qui ne plaira pas qu'aux fans de chats !

Dans le premier opus, on découvrait la commissaire Chabanel, une femme qui n'a pas sa langue dans sa poche. Aidée de ses deux enquêteurs, elle avance sans filtre et avec efficacité afin de démasquer le coupable et clôturer l'affaire au plus vite.

Dans ce deuxième roman, elle va devoir enquêter sur la mort suspecte de François-Xavier Tourtier, mort en pleine cérémonie de remise de la Légion d'honneur. Ancien banquier accusé de fraude fiscale, il s'est reconverti depuis peu dans une activité plus verte : la construction et commercialisation de fours solaires.

Sa mort pourrait sembler accidentelle : allergique aux crevettes, il a mangé le mauvais toast et l'injection de sa dulcinée n'a pas suffi à le ramener à la vie. C'était sans compter les instructions de sa docile épouse qui avait stipulé l'interdiction du moindre fruit de mer au buffet. De plus, les seringues d'adrénaline s'avèrent, après analyses, remplies d'eau.

Lorsque Romano arrive dans la salle du banquet, elle est face à une vision étonnante : la veuve éplorée est soutenue par deux hommes : un curé séduisant et l'associé de son mari, qui la dévore du regard ; le reste des invités est effondré au fond de la salle, le plus loin possible du corps.

Dans cette histoire, la liste des suspects est étonnamment longue : le curé si proche de la veuve, l'associé amoureux transi, l'ancien collègue banquier qui vient de sortir de prison, la veuve pas si blanche qu'elle ne voudrait le paraitre. L'enquête s'annonce fastidieuse et délicate mais Romano met tout le monde sur le pont pour clôturer au plus vite cette histoire complètement loufoque. Et le lecteur n'est pas au bout de ses surprises !

Sophie Chabanel nous livre un polar détonant et drôle et nous embarque dans bien des détours avant de terminer cette affaire.

© Page des libraires

Dans l'ombre du brasier
12 avril 2019

Conseillé par Coralie

Hervé Le Corre n'en est plus à son coup d'essai. Après "l'homme aux lèvres de saphir", publié en 2004, qui nous embarquait à la fin du Second Empire, Hervé Le Corre nous emporte à nouveau au cœur d'un événement historique passionnant: la Commune de Paris de 1871. Une enquête riche et détonante au plus près du conflit et des hommes et femmes du peuple.

Quel meilleur instrument que le roman policier pour entrer dans une période historique si dense et passionnante et pourtant aussi méconnue que la Commune ? Ce douzième roman de l'auteur nous raconte les dix derniers jours de la Commune, la fin d'une utopie, la lassitude, l'abandon et le courage des derniers combattants. Cette période historique est peu étudiée, mal connue. Ainsi, Hervé Le Corre, grand passionné d'histoires et de luttes sociales nous permet d'entrer par la petite porte au plus près de ces petites gens qui ont œuvré pour défendre ce mouvement et rêvé qu'il devienne une réalité pérenne, qu'il nourrisse les réflexion futures, que cette révolte devienne un modèle. Au cœur de ce conflit, de ce cauchemar de tous les instants, c'est Antoine Roque qui va mener la danse, ou au moins l'enquête. Cet homme, nommé commissaire aux premiers jours de la Commune, va rapidement s'inscrire dans la vie de son quartier, il va se prendre au jeu et vouloir défendre chacun de la façon la plus juste qui soit. Quand une série d'enlèvements de jeunes filles commence à se révéler, il va se jeter à corps perdu dans l'enquête afin de sauver une jeune femme enfermée dans une cave, Caroline. Caroline est infirmière, elle soigne les blessés de la Commune, elle aide avec ce qu'elle sait faire. Et au-dessus de ce conflit, elle attend de retrouver son petit ami, Nicolas Bellec, sergent au service de la Commune et prêt à défendre Paris corps et âme.

Pour sauver Caroline, Antoine franchira des barricades, jouera au chat et à la souris avec les Versaillais et gagnera courage et confiance au fil de sa quête. Sur son chemin, l'inquiétant Pujols, qui enlève des jeunes femmes, les drogues et les fait poser pour des photographies pornographiques aidé de son associé le cocher Clovis au visage balafré, qui effraie tous ceux qui osent l'approcher.

Au fil de cette histoire, on sent le poids de la documentation accumulée par Hervé Le Corre, on ressent son appétence pour les luttes et les soulèvements populaires. Mais quels sont les véritables héros de cette histoire ? Est-ce Antoine Roque, le commissaire, Caroline l'infirmière ou Nicolas Bellec le sergent ? Ou alors sont-ce les balles que l'on entend à chaque coin de chapitre, les cris, la lutte ?

Comme savent le faire les grands écrivains contemporains, Hervé Le Corre nous plonge avec lui au cœur d'un évènement qui résonne aujourd'hui de nos luttes quotidiennes. Il manie la langue, l'histoire, les héros comme le génie qu'il est du roman noir.

© Page des Libraires

Les photos d'un père
11 avril 2019

Conseillé par Célia

Le roman s'ouvre sur cette phrase : « Ton père n'est pas ton père », avouée à Thomas, 14 ans. Sa mère dit ne pas connaître grand chose de cet homme, qu'elle n'a côtoyé que le temps d'une étreinte. Une fois le choc passé, l'envie d'obtenir réponses à ses questions devient une obsession, un besoin pour redéfinir son identité.

C'est par bribes, au gré de fragments récupérés par diverses connaissances, que Thomas pourra brosser le portrait de celui qui l'a conçu. Nous apparaît l'instantanée d'un homme au destin hors normes, un photographe de guerre passionné et insaisissable.

Un roman puissant sur les liens familiaux, les secrets, l'amour et la quête des origines.