Librairie Coiffard ..

Bakhita / suivi d'un entretien avec l'auteure
24,90
21 novembre 2017

Conseillé par Frédérique

Bakhita a 7 ans lorsqu’elle est enlevée à sa famille, razziée pour devenir esclave. Une petite chose qui va vivre l’insoutenable de n’être plus rien, ne plus avoir de nom, car Bakhita n’est pas son nom ! En elle pourtant, il y a cette étincelle de vie qu’on ne peut éteindre : l’espoir d’autre chose qui la tient debout malgré tout.
Rachetée à son maître turc elle réussit à partir en Italie et trouve son refuge dans un couvent d'où elle ne veut plus sortir. C’est décidé, elle épousera Jésus. Une religieuse, pourtant, ne peut pas être une esclave. Mais devant le refus obstiné de Bakhita de changer d’avis, c’est l’église dans une forme de procès - suivi avec avidité par le peuple - qui l’affranchira de la famille à qui elle a été « donnée ».
Bakhita ira alors de monastère en monastère exercer diverses fonctions mais surtout elle montrera aux gens ahuris qu’une femme noire n'est ni diable, ni démon, ni simple d’esprit, ni singe savant.
Un destin exceptionnel et pourtant si simple qui s’achèvera par sa béatification en octobre 2000 par le Pape Jean Paul II.
Véronique Olmi nous livre une écriture à la fois poétique et lumineuse, brutale et crue, dans un livre impressionnant et par ce destin qui l'a visiblement happé.

La chambre des époux
14 novembre 2017

Conseillé par Lyonel

Rentrer dans cette chambre où s’entrelacent la maladie d’amour, la maladie littéraire - qui ne connaît aucune limite - puis la maladie du corps délivrant son bouquet d’émotions de manière abrupte et qui compte les heures tout en imprégnant les saisons, oui, rentrer dans ce roman, c’est se dire que rien n’a véritablement de limite. "La Chambre des Époux" relève du sortilège. Éric Reinhardt y développe son style sec, brillant parfois cruel. Il en faut de l’énergie pour restituer cette incroyable parenthèse qui a fait coïncider le cancer de sa femme, Margot, avec l’élaboration et l’écriture de son roman "Cendrillon". Récit d’une bataille à deux, d’une fièvre conjugale qui trompera élégamment la mort, récit d’une sublimation du quotidien à la fois absurde et poétique. Le livre de Reinhardt se love dans des genres multiples - façades picaresques, héros stendhalien, mysticisme à la Claudel - le romancier ne se refuse rien, évoque tout. C’est cru et révoltant à la fois, c’est surtout la description minutieuse de la vie conjugale - à la façon d’un François Truffaut. Une ambiance douce amère, aux couleurs ocres, qui nous donnent des impressions d’automne - la saison préférée d’Éric Reinhardt.

L'été de Katya

Éditions Gallmeister

20,50
10 novembre 2017

Conseillé par Lucie

Été 1914. Cette saison, si particulière et si chaude, annonce un grand bouleversement dans la vie de Jean-Marc Montjean. Ce jeune médecin, originaire du Pays Basque, retourne dans sa région natale pour travailler auprès d'un vieux praticien. Quelques jours après son arrivée, Jean-Marc se rend au domaine familial des Tréville pour soigner Paul. Le charme de Katya, sa sœur jumelle, le subjugue littéralement. C'est à partir de cette rencontre que tout va basculer...
Un roman de Trevanian qui ne ressemble à aucun autre. Un véritable pastiche de la littérature française et un véritable coup de cœur. À lire sans plus attendre !

Les Vacances
3 novembre 2017

Conseillé par Lyonel

Il y a près de trois ans sortait l’excellente biographie du cinéaste Éric Rohmer, signée par Noël Herpe et Antoine de Baecque. C’est par ce travail que Julie Wolkenstein a eu l’idée de son roman "Les vacances". Une idée qui, de l’aveu de la romancière, lui a sauté aux yeux. Dans cette biographie, on y apprend que Rohmer était un athlète endurant et maladroit, passionné par la littérature du XIXe siècle, spécialement Balzac et la Comtesse de Ségur. Il décide, pour son premier film d’adapter un roman de la Comtesse - "Les Petites Filles Modèles". Le tournage vaguement financé par un étudiant béninois, Joseph Kéké, est tout simplement un sabordage rocambolesque. Cette œuvre jamais totalement achevée, disparaît et devient ainsi un film fantôme. Avec ce fragment de réalité fantaisiste, Julie Wolkenstein élabore une cavalcade drolatique autour d’un duo composé par une retraitée de la faculté de Caen, Sophie Bogoroditsk, et d’un jeune étudiant en cinéma, Paul de Freneuse. Malgré leur différence d’âge, les deux personnages vont poursuivre avec malice et légèreté, une enquête mêlant les volutes de cigarettes aux lectures mélancoliques, Moscou et l’arrière pays normand où dans les ruines d’un château, un apprenti cinéaste, fantasme ses futurs chefs-d’œuvre.

Souvenirs dormants
3 novembre 2017

Conseillé par Lyonel

Le dernier roman de Patrick Modiano, "Souvenirs dormants", est un écho à bien d’autres de ses livres. Dès les premières lignes surgissent nos propres souvenirs de lecteur : on pense à l’énigmatique "Dans le café de la jeunesse perdue" ou bien encore au très beau "Du plus loin de l’oubli". Le narrateur Jean D. semble vouloir réaliser un puzzle sans modèle. Il arpente sa propre mémoire avec une certaine mélancolie. Regrets d’un Paris gris et matinal des années 60 où certaines veilles bâtisses n’avaient pas encore connu les crocs des pelleteuses. Comme souvent chez Modiano, l’enquête est menée au fil des hasards et des rencontres. Une seule phrase de cet écrivain donne l’idée d’un roman - on pense à cette anecdote concernant une jeune danseuse d’opéra devenant, par la suite, carmélite et qui pourrait se prolonger sur une centaine de pages. On croise la silhouette de Baudelaire et son poème "À une passante", Marcel Aymé et ses "Tiroirs de l’inconnu". Et puis il y a la cohorte de ces noms, scintillants et évocateurs, Mireille Ourousov, Geneviève Dalame ou Madeleine Péraud. L’obsession magnifique des patronymes et des lieux sont des rituels nécessaires chez le romancier. Le leitmotiv chez Patrick Modiano n’est aucunement une marque de fabrique lassante mais, plutôt, une empreinte fragile qui ne cesse de nous charmer.