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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Double amnésie
10 mai 2020

Bretagne, policier

Le précédent roman de l’auteure m’avait laissé sur ma faim, il fallait que je lise la suite.

Si les deux premières enquêtes d’Héloïse étaient bâties sur le même modèle, celle-ci est bien différente. D’abord parce que la jeune femme n’est pas en service, ensuite parce que l’enquête touche sa sœur jumelle.

Encore une fois, l’auteure place les femmes au centre de son roman, pour le meilleur et pour le pire.

Des personnages en prise avec les anxiolytiques, les barbituriques et l’alcool ; des femmes et leur passage dans la déprime ou la dépression. D’autres, au contraire, ont un caractère bien trempé.

L’auteure a laissé tombé ses tics d’écriture entre brunettes et chocolatines, ouf.

J’ai aimé retrouver la journaliste Amanda Kraft, présente depuis la première enquête.

J’ai aimé chercher le point commun entre les deux histoires qui se mêlent, découvrir peu à peu une partie de la vérité, au rythme des révélations du récit.

Et ce retournement final que je n’ai pas vu venir, j’adore !

L’image que je retiendrai :

Celle du nombre de bouteilles d’alcool consommées dans ces pages.

https://alexmotamots.fr/double-amnesie-celine-denjean/

Les cicatrices
20,00
10 mai 2020

thriller

Il y avait longtemps que je n’avais pas ouvert un roman de Claire Favan, et il m’a fallu quelques minutes pour me souvenir que ses récits se déroulent aux États-Unis.

À Centralia, État de Washington, vit Owen Maker, divorcé mais vviant encore sous le même toit que sa femme, une hystérique.

Owen voit sa vie bouleversée par l’arrivé de Jenna qui le drague ouvertement et le pousse à partir vivre loin de son ex-femme. Sauf que son patron est son ancien beau-père…

L’affaire se corse quand les victimes du tueur en série Twice sont des personnes qui vivaient proche d’Owen. Le cercle infernal s’enclenche.

L’inconvénient avec les romans de Claire Favan, c’est que je découvre rapidement le pot-aux-roses.

J’ai toutefois passé un moment de lecture agréable mais un peu tordu.

L’image que je retiendrai :

Celle de la grosse voiture d’Owen recouverte d’immondices, oeuvre de son ex-femme jalouse.

https://alexmotamots.fr/les-cicatrices-claire-favan/

L'Ombre douce
10 mai 2020

amour, Indochine

J’ai aimé que l’auteure me décrive l’Indochine et quelques bribes de sa civilisation avant le chaos.

J’ai aimé ces deux personnages qui s’aiment simplement, presque sans mots, comme une évidence.

Chacun vit des tragédies : la répudiation de sa famille pour Mai, le guêpier de Diên Biên Phu pour Yann. Mais chacun trouve sa force dans l’amour de l’autre, allant pour lui jusqu’au bout.

Une lecture âpre et douce à la fois.

Une citation :

Plutôt perdre de l’argent que des hommes. (p.131)

L’image que je retiendrai :

Celle des deux anneaux d’or que Yann conservera jusqu’au bout du monde.

https://alexmotamots.fr/lombre-douce-hoai-huong-nguyen/

Dora Bruder
10 mai 2020

1939-1945, recherche

Je continue mon exploration des grands romans de Patrick Modiano.

J’avais lu et étudié ce roman au lycée. J’en gardais un vague souvenir d’une narration brumeuse.

Ma lecture fut bien différente. D’abord parce que je connais un peu mieux l’auteur pour avoir lu plusieurs de ses ouvrages (ce qui n’était pas le cas lycéenne). Ensuite parce que j’ai eu l’impression de prendre plus de recul avec le texte.

Le narrateur, encore une fois, part à la recherche d’un personnage, ici, le nom d’une jeune fille croisée dans un journal de 1942 qui a fait une fugue.

Etrangement, presque 25 ans plus tard, il trouve des informations sur son père et sa mère, leur adresse et le pensionnat dans lequel elle était interne.

S’intercalent des digressions sur les hasards et les coïncidences, mais également sur le père du narrateur.

Quelques citations :

On avait imposé une étoile jaune à des enfants aux noms polonais, russes, roumains et qui étaient si parisiens qu’ils se confondaient avec les façades des immeubles, les trottoirs, les infinies nuances de gris qui n’existent qu’à Paris. Comme Dora Bruder, ils parlaient tous avec l’accent de Paris, en employant des mots d’argot dont Jean Genet avait senti la tendresse attristée.

Depuis, le Paris où j’ai tenté de retrouver sa trace est demeuré aussi désert et silencieux que ce jour-là. Je marche à travers les rues vides. Pour moi elles le restent, même le soir (…). Je ne peux pas m’empêcher de penser à elle et de sentir l’écho de sa présence dans certains quartiers. L’autre soir, elle était près de la gare du Nord.

C’est là son secret (sa fugue). Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnaces, les autorités dits d’occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l’Histoire, le temps – tous ce qui vous souille et vous détruit – n’auront pas pu lui voler.

L’image que je retiendrai :

Pas de couleur verte dans ce roman, mais plutôt la couleur grise.

https://alexmotamots.fr/dora-bruder-patrick-modiano/

Le Roi disait que j'étais diable
30 avril 2020

Femme, Moyen Âge

Ce roman est l’histoire d’Aliénor contée par elle-même avant et pendant son mariage avec Louis VII.

J’ai découvert une femme aux yeux gris comme le fer des armures, au tempérament d’homme qui se nourrit de sa colère, aime le combat et sentir son pouvoir sur ses vassaux.

Une femme qui aime pourtant s’entourer de ménestrels qui récitent des poèmes.

J’ai découvert un Louis VII monté sur le trône parce que son frère ainé est décédé, alors que lui même se destinait à la religion.

Il voue un amour immodéré à Aliénor, et celle-ci ne lui rend pas pour cause d’incompatibilité de caractère.

J’ai préféré Louis VII, plus posé, tourné vers l’avenir et le compromis, à Aliénor, femme de batailles aux poings serrés.

J’ai aimé retrouvé dans le récit la couleur orange présente lors de la venue de Louis chez Aliénor à cause du nuage des chevaux.

Une citation :

Mais toi… tu dois te battre pour avoir ta place. Tes ancêtres t’alourdissent. (p.33)

L’image que je retiendrai :

Celle de la menthe dont l’odeur rappelle à Louis Aliénor, odeur qu’Aliénor déteste.

https://alexmotamots.fr/le-roi-disait-que-jetais-diable-clara-dupont-monod/