Magali S.

Glénat BD

29,00
par (Libraire)
28 mai 2021

Une adaptation des Misérables qui décoiffe!!

Bon. Les Misérables, vous connaissez déjà. De près ou de loin. Et si vous ne l'avez pas lu dans vos jeunes (ou moins jeunes) années, vous savez en tout cas qu'il s'agit d'un monument de la littérature française. Et gare à ceux qui oseraient s'attaquer à une oeuvre de cette envergure.
Eh bien Éric Salch a osé. Et c'est une réussite. Dès la première page le ton est donné. Nous sommes guidés dans cette grande caricature sans aucune concession par un rat prénommé Victor, qui va tenir compagnie à notre héros national Jean Valjean. Rien ni personne n'est épargné. Ni la belle Fantine ni sa pauvre petite Cosette. C'est grinçant à s'en casser les dents, et l'irrévérence (c'est peu dire) est au rendez-vous case après case. Les personnages passés sous le crayon d'Eric Salch semblent tout droit sortis d'un dessin de Charlie Hebdo. Aaah, le bonhomme sait dessiner, c'est quelque chose! La couverture vous a déjà convaincus, non?
Outre la maîtrise totale du sujet, Éric Salch s'empare de cette oeuvre pour y glisser volontairement quelques anachronismes au parfum d'actualité.
Est-ce que Victor Hugo se retournerait dans sa tombe? Sûrement. Mais pour revenir à la vie, le temps de cette lecture jubilatoire.

Anne Carrière

19,00
par (Libraire)
26 mai 2021

Un conte cruel glaçant

Eine et Jung ont été élevés dans un terrier, loin de la civilisation, bercés par l'idée qu'ils sont des êtres à part, supérieurs...et un jour la porte du terrier s'ouvre. Nos deux enfants sauvages vont être confrontés pour la première fois au monde extérieur. Ont-ils été bien préparés ? Les monstres est un thriller redoutable, féroce, à ne pas mettre entre tous les mains, à la manière d'un conte pour enfant qui aurait mal tourné. Très mal tourné. L'écriture est hypnotique, addictive, et la narration, parfaitement maîtrisée, nous plonge dans une atmosphère quasi fantastique.

par (Libraire)
18 mai 2021

Pour les amoureux des belles plumes

Depuis petite, Geneviève se rêve en écrivaine. Chaque moment passé en famille, chaque petit bouleversement de son quotidien est prétexte à l'écriture. En grandissant, son appétence pour l'imaginaire s'étend au petit écran, et dès lors, tout son être sera tendu vers un seul but : écrire un roman et être publiée.
Jeune-Vieille est une gourmandise éminemment littéraire sur la création, le paysage éditorial et ses évolutions, et la sacro-sainte relation entre un auteur et son éditeur.
C'est beau, rusé, léger et ça virevolte.

22,00
par (Libraire)
14 mai 2021

Très grande histoire d'amitié et d'apprentissage

Nous sommes dans les années 80, Balavoine chante à la radio et Lady Di remplit les pages des magazines. Jessica, 23 ans, se remet doucement d'une rupture douloureuse au contact de ses amies d'enfance Juliette, Camille, Broussaille et Boucle, car ensemble, elles sont invincibles.
Engluées dans une routine moelleuse, elles décident de présenter un défilé de mode pour la fête du Printemps. Au-delà de l'exercice, ce défilé symbolisera un défi pour chacune d'entre elles : briller, s'affirmer, trouver l'élan nécessaire pour marcher vers l'avenir, ou encore pour aller à sa propre rencontre.
L'année de préparation sera une année de transformation dont elles sortiront grandies, parfois au prix de désillusions car leur amitié indéfectible sera soumise à de fortes turbulences.
Claudie Gallay aime ses personnages, et ils le lui rendent bien. De son écriture naturelle et enlevée, elle nous raconte, avec de la poésie dans les silences, l'attachement à un lieu, la richesse des rencontres, le désir d'un ailleurs et les ambitions contrariées.
En ressort une peinture juste et généreuse de la classe moyenne des années 80, un roman doux et réconfortant comme un cocon, habité par des personnages authentiques qui feront partie de notre famille le temps de notre lecture.
On referme ce livre à regret tant on aimerait rester flâner dans cette petite ville au charme indiscutable, s'attabler au bistrot derrière l'église et regarder les gens vivre.

20,00
par (Libraire)
11 mai 2021

Un roman d'anticipation aux allures de Black Mirror

Le cinéma fantastique hispanophone est indéniablement un des meilleurs du genre, grâce à ses auteurs talentueux : Guillermo del Toro, Alejandro Amenábar ou encore Juan Antonio Bayona pour ne citer qu’eux.
En lisant les Kentukis de Samanta Schweblin, c’est ce qu’on se dit tout naturellement : les hispaniques savent décidément écrire des histoires fantastiques comme personne, car derrière le décor et l’intrigue, émergent des questionnements qui font écho en chacun de nous.

Dans ce roman d’anticipation plus que réaliste, une petite merveille technologique, mais néanmoins inquiétante, envahit peu à peu les étagères des magasins et les foyers: il s’agit du Kentukis, une peluche de la taille d’un chat, avec des caméras à la place des yeux et des roues indépendantes pour qu’elle puisse se déplacer librement.
Là où survient le malaise, c’est que n’importe qui peut se retrouver aux commandes du Kentukis, car l’application distribue les connexions au hasard…
Le choix qui incombe alors à l’utilisateur, avec le questionnement éthique que cela implique, est celui-ci : posséder un Kentukis et ouvrir les portes de son intimité à un étranger, ou incarner cette petite peluche à l’allure inoffensive et partager le quotidien d’un inconnu à l’autre bout de la planète?
Passées la curiosité et l’excitation de la nouveauté, l’addiction s’installe peu à peu, suivie de quelque chose de plus pernicieux dans la façon d’envisager la relation : si le Kentukis voit tout et entend tout, il doit aussi obéir aux ordres de son propriétaire, ou il sera volontairement éloigné de sa base de chargement. Autrement dit : l’utilisateur fera l’expérience désagréable et dérangeante de la mort virtuelle.

A travers cet incroyable roman choral à l’allure dystopique, Samanta Schweblin décrit un monde ultra-connecté dans lequel la solitude ne fait que s’accroître et peser sur nos vies.
L’écriture, précise et élégante, se met au service de personnages profonds et attachants, nous offrant même quelques moments de poésie.
Il est impossible de lâcher ce roman à l’atmosphère envoûtante, tant on voudrait savoir jusqu’où chacun est capable d’aller, nous compris. Kentukis est une invitation à la réflexion et à la projection. Car s’il est terriblement réconfortant de combler la solitude, même avec un petit compagnon muet, devenir quelqu’un d’autre en se cachant derrière la technologie peut devenir très vite grisant.

Être ou avoir? De quel côté vous rangeriez-vous pour changer votre vie?