Un premier roman aux éditions Liana Levi
Avec Estelle-Sarah Bulle
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Le , Librairie Coiffard - Tome 1

Estelle-Sarah Bulle est née en 1974 à Créteil, d’un père guadeloupéen et d’une mère ayant grandi dans un village traversé par la frontière franco-belge. Après des études supérieures à Paris et à Lyon, elle a travaillé pour des cabinets de conseil puis pour différentes institutions culturelles, dont le musée du Louvre et le parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville. Elle vit dans le Val-d’Oise. "Là où les chiens aboient par la queue", aux éditions Liana Levi, est son premier roman.

Nous avons sélectionné ce livre pour le prix du roman Coiffard 2019.

Dans la famille Ezechiel, il n’y a pas d’autre héritage que la parole. Pas d’argent, car le grand-père, coupeur de canne à sucre au fin fond de la campagne guadeloupéenne, l'a dilapidé en pariant sur les combats de coqs. Pas de terres, car il les a distribuées à tout va. Pas d’albums photo, car la grand-mère est morte trop tôt pour transmettre son portrait à leurs trois enfants : Antoine, Lucinde et Petit-Frère. Ce sont donc les mots de ces trois-là que la petite-fille, une jeune femme née en banlieue parisienne que son identité métisse rattrape, va chercher à capturer au fil de longues conversations. Comme toujours chez les Ezechiel, c'est Antoine, l’aînée, qui mène le jeu. Étrangement belle, un peu baroque (carrément «dek-dek», disent son frère et sa sœur), sans concession envers tout ce qui entrave sa liberté, Antoine a le cœur droit et la mémoire sans faille. Dans un récit bouillonnant, complété par les souvenirs des autres membres de la famille, elle raconte à sa nièce son incroyable destinée qui épouse l’histoire de l'île dans la seconde moitié du XXe siècle. Se dévoile alors un passé mythique, tout un monde disparu : l’enfance rurale à l'ombre des mornes, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, l’essor du commerce dans la mer des Caraïbes, les traditions et les croyances, une société hiérarchisée selon les infimes nuances de la couleur de peau... Au fil de l’échange se dessinent aussi l’état d’esprit de toute une génération d’Antillais, « immigrés de l’intérieur » (« négropolitains », disent-ils), qui choisiront de s’installer en métropole à la fin des années 60 et le constant sentiment d’entre-deux qui pèse sur eux et sur leurs descendants. Porté par des personnages inoubliables et une langue bluffante d’inventivité, "Là où les chiens aboient par la queue" raconte une Guadeloupe à rebours des clichés, vivante et rebelle.

Photo Estelle-Sarah Bulle © Julien Falsimagne / Leextra / Éditions Liana Levi