L'amour de nous-mêmes a sonné
EAN13
9782382570807
Éditeur
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Date de publication
Collection
LITTERATURES
Langue
français
Langue d'origine
français
Fiches UNIMARC
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Aloé est une femme noire, en surpoids, queer et pauvre. Elle n’a pas toujours
manqué d’estime d’elle-même. Mais au gré des remarques assassines et des
galères insurmontables, elle a compris. Compris qu’en France, la présence de
Blancs est un baromètre de la misère : moins il y en a, plus c'est la merde.
Compris qu’être élevée comme une femme, c’est être dressée à devenir une bonne
proie pour un gentil chasseur. Compris que l’odeur de pauvreté colle à la
peau, et que la sienne ne partirait pas malgré tous ses efforts. Compris que
pour elle, « voir le côté positif des choses », c’était se dire que quand on a
chez soi des cafards et des punaises de lit, le côté positif, c’est que les
cafards mangent les punaises de lit. Compris qu’elle avait tout de même un
point commun avec beaucoup de Français : un problème d'alcool. Compris que ça
ne servait à rien qu’elle pleure, parce que ses larmes n’ont jamais eu
d’effet. Compris que vu sa place dans la société, on attendait d’elle qu’elle
accepte tout, qu’elle encaisse tout, et qu’elle dise « merci » d’être arrivée
jusque-là. Compris que quand des Blanches sortaient avec elle, c’était souvent
pour l’utiliser comme un alibi, ou un fétiche. Compris qu’elle désirait
souvent des femmes qu’elle n’obtiendrait jamais pour nourrir une spirale
d’autodestruction et de sabotage. Compris qu’elle avait trop d’amour à vendre
sur le marché de l’amour, et que si elle en avait autant à vendre, c’est parce
qu’elle n’en avait pas suffisamment pour elle-même. Alors elle a commencé à
dire « non ». Et à refuser d’être entourée de violence. En dix lettres
adressées à une mystérieuse Sujja, Aloé raconte son enfance au Cameroun, son
arrivée en France à l’âge de huit ans, les humiliations subies en tant que
petite fille, la précarité et la misère de son adolescence, la découverte du
milieu militant où elle croyait enfin être comprise avant de subir de
nouvelles déconvenues. La difficulté de celles et ceux qui l’entourent à la
regarder telle qu’elle est, au-delà de ce qu’ils et elles projettent sur elle.
La violence du marché de la séduction, où tout se monnaie, surtout la place
qu’on occupe dans la société. Mais aussi le choix qu’elle fait. Envers et
contre tout, Aloé choisit l’amour, un amour des autres, ami·es, amant·es et
amoureux·ses, mais aussi d’elle-même. Elle choisit un « nous » qui rassemble
vraiment celles et ceux qui s’aiment. À qui écrit-elle ? Seule la dernière
lettre le révèle. Mais elle suffit à savoir qu’espérer vaut le coup. Formée en
métiers d’arts, en graphisme et en musique, Erika Nomeni est autrice-
compositrice, rappeuse, beatmakeuse, DJ, productrice ; et organise des
ateliers radiophoniques dans une radio locale marseillaise. Avec son
association Baham arts, elle organise également des soirées et des festivals
mettant en lumière les cultures queer, afro, hip hop et minorisées, notamment
Ze Gaitto, Intersections et Umoja. Elle a performé sur plusieurs scènes
marseillaises, comme lors de l’édition 2018 du festival Afropéa avec Casey et
Imhotep.
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