Sélection du Prix Coiffard 2019

Sélection du Prix Coiffard 2019

Voici la sélection complète pour le prix du roman Coiffard 2019. Comme l'an passé, vous pourrez voter pour votre roman préféré de mi-mai à mi-juin au Tome 1 de la librairie. Dix livres à lire ou à relire.

K.O.

Buchet-Chastel

15,00


Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante...

Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone - ’la grisâtre’, le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité...

Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d’un sentiment d’urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l’amitié et l’errance. Il s’y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.


Les photos d'un père
18,00

A 14 ans, en 1984, le narrateur, Thomas Bentley, apprend de sa mère que son père selon l'état-civil n'est pas son père naturel. Quant à l'identité de celui-ci, elle prétend ne pas s'en souvenir: étreinte fugitive prétend-elle, erreur ou plaisir de jeunesse... Du coup, bien sûr, le garçon secoué par cette révélation va se lancer d'abord dans des rêveries et des questionnements longtemps stériles. Puis, à compter de l'apparition de quelques photos et indices, et surtout d'un aveu de sa mère à l'occasion d'une exposition de photos d'un certain Grégoire Tollian, il va se lancer dans une véritable enquête qui le conduira jusqu'en Asie. Son père Grégoire (Krikor) Tollian, Français d'origine arménienne, fils d'un résistant victime des nazis, photographe de guerre durant la guerre du Vitenam, a disparu en 1970 au Cambodge.
 
De relais en relais, d'une vieille dame qui reconnaît en lui les traits de son fils disparu à un ancien reporter au Vietnam, en passant par le directeur de l'agence pour laquelle il travaillait, le narrateur remonte dans le temps et découvre la personnalité complexe de ce père, témoin fasciné des convulsions de la seconde moitié du vingtième siècle. En fait, la plupart des pièces du puzzle se trouvaient en France. Cependant la dernière, énigmatique, lui est livrée en Chine, en 1996, par un Vietnamien, Phuc Doan, qui lui laisse entendre que Grégoire Tollian a peut-être choisi une autre vie - alors même qu'il savait la mère de Thomas enceinte. Celui-ci accepte cette hypothèse, et se tourne vers la jeune femme, enceinte de lui, qui attend son retour en France.


Là où les chiens aboient par la queue
19,00

Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son "nom de savane", choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques et son sens aigu de l'indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni Petit-Frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Mais sa mémoire est comme une mine d'or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l'histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis les années 50 : l'enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l'irruption du roi béton, la poésie piquante du créole, et l'inéluctable exil vers la métropole...

Intensément romanesque, porté par une langue bluffante d'inventivité, Là où les chiens aboient avec la queue embrasse le destin de toute une génération d'Antillais pris entre deux mondes.


Les exilés meurent aussi d'amour, roman
22,00

« Ma mère était une créature féerique qui possédait le don de rendre beau le laid. Par la grâce de la langue française, je l’avais métamorphosée en alchimiste. C’était à ça que servaient les mots dans l’exil : combattre le réel et sauver ce qui restait de l’enchantement de l’enfance. »
 
Shirin a neuf ans quand elle s’installe à Paris avec ses parents, au lendemain de la révolution islamique en Iran, pour y retrouver sa famille maternelle. Dans cette tribu de réfugiés communistes, le quotidien n’a plus grand-chose à voir avec les fastes de Téhéran. Shirin découvre que les idéaux mentent et tuent ; elle tombe amoureuse d’un homme cynique ; s’inquiète de l’arrivée d’un petit frère œdipien et empoisonneur ; admire sa mère magicienne autant qu’elle la méprise de se laisser humilier par ses redoutables sœurs ; tente de comprendre l’effacement de son père… et se lie d’amitié avec une survivante de la Shoah pour qui seul le rire sauve de la folie des hommes.
 
Ce premier roman teinté de réalisme magique nous plonge au cœur d’une communauté fantasque, sous l’œil drôle, tendre, insolent et cocasse d’une Zazie persane qui, au lieu de céder aux passions nostalgiques, préfère suivre la voie que son désir lui dicte. L’exil oserait-il être heureux ?


Les billes du Pachinko
15,50

Claire va avoir trente ans et passe l’été chez ses grands-parents à Tokyo. Elle veut convaincre son grand-père de quitter le Pachinko qu’il gère pour l’emmener avec sa grand-mère revoir leur Corée natale, où ils ne sont pas retournés depuis la guerre. Le temps de les décider à faire ce voyage, Claire s’occupe de Mieko, une petite Japonaise à qui elle apprend le français. Elisa Shua Dusapin propose un roman de filiation, dans lequel elle excelle à décrire l’ambivalence propre aux relations familiales. Elle dépeint l’intériorité de ses personnages grâce une écriture dépouillée et plonge le lecteur dans une atmosphère empreinte d’une violence feutrée où l’Extrême-Orient joue son rôle.