Am Fred B.

12 avril 2019

Entre La Fontaine et la planète des singes

Magie de la SF! Imaginons une terre future, où l'homme a laissé place aux chiens. Ceux-ci ont leurs légendes, des récits qu'ils se transmettent, où l'Homme est plutôt menaçant. Qu'importe, puisque les chiens sont des doux et sensibles, d'une grande hauteur morale. De quoi nous faire réfléchir sur nous-mêmes, pauvres bipèdes...
Bien sûr, depuis La Fontaine (et ses inspirateurs de l'Antiquité), parler des animaux, c'est parler des hommes. Simak nous tend un miroir et nous amène, avec beaucoup de douceur et de patience, à nous hisser moralement à la hauteur de ces chiens ... humanistes. L'Homme a disparu, seules d'étranges paraboles rappellent son souvenir, mais est-ce si grave au fond?
Coup de cœur de Frédéric

Pique-nique au bord du chemin

Gallimard

8,40
12 avril 2019

Un futur si proche

La Terre a été visitée par des extraterrestres : un sujet bien banal ... Mais ils sont repartis sans se laisser voir, laissant en héritage des objets énigmatiques, miraculeux ou mortels, et des Zones maudites que seuls fréquentent ces "stalkers" intrépides ... ou inconscients : des glaneurs-revendeurs d'objets.
La science-fiction des frères Strougatsky est une SF du quotidien : elle ne propose pas d'interrogations métaphysiques, elle ne construit pas d'univers grandiose (Pour cela il faudra lire Il est difficile d'être un dieu, des mêmes auteurs!). Elle raconte la débrouille d'êtres ordinaires, capables de médiocrité comme de grandeur, placés face à un profond mystère. C'est cette confrontation qui rend Stalker si prenant.
Le roman a été adapté et remanié au cinéma en 1979 par Andreï Tarkovski.
Coup de cœur de F. Drode

12 avril 2019

Toujours plus vivant !

DARWICH c'est :
l'exil et son chant
la prison et sa clef
l'épée et la rose
la mère sans enfant
le temps et le poing
l'étranger en miroir
la perte et l'amour,

jasmin et café ...

Coup de cœur de F. Drode

Willa Cather

Rivages

9,00
29 mars 2019

Coeur de Bohême

Jim a dix ans lorsqu'il rencontre Antonia, une jeune fille Tchèque qui débarque au Nebraska avec sa famille. Il lui apprend l'anglais, et le monde avec elle prend corps, sens et couleurs.
Une ode aux pionniers à travers le portrait nostalgique d'une icône féminine ardente, inoubliée.

8,90
14 mars 2019

Un bijou

Le poids du ciel, c'est la nature, c'est-à-dire notre lot commun à nous tous, êtres humains. Le récit-essai-conte-poétique de Giono pourrait finalement se résumer ainsi : que faisons-nous de ce lot commun? Dans une écriture flamboyante, Giono exalte la vie paysanne qu'il connait intimement, il en montre la beauté et la cohérence profonde. Mais ceux qui l'accusent de prôner le retour à la terre vichyste ne l'ont ni lu ni connu : il n'est pas question de faire allégeance à une doctrine, de laisser la foule ou un homme providentiel penser et agir à notre place. Publié en 1938, ce livre regorge de visions hallucinées et dantesques : les bruits de bottes, le fracas des armes, les endoctrinements de masse s'y déchaînent. On reconnaitra le nazisme, le stalinisme, le capitalisme (qu'il soit libéral ou d’État) : autant de doctrines collectives qui prétendent s'affranchir de ce "poids du ciel" en aliénant la liberté des hommes.
Un avertissement et un enchantement : Giono sait aussi montrer comme aucun autre la nuit qui recouvre les dormeurs des campagnes et des villes ; la rencontre entre un capitaine et une raie fabuleuse ; ses pérégrinations dans les fermes autour de Manosque à la recherche d'un gîte ... Un bijou.